llulleUn de l'Institut genevois, t. XXIII (187S
rens^ Mais nulle part, peut-être, cette méthode (rinvcstigation rigoureuse ne s'est affirmée avec plus de succès que dans rétude de M. Ritter sur le séjour à l'Ermitage ^ Grâce à cet article, grâce aussi à la vive lumière dont les curieuses découvertes de MM. Perey et Maugras ont éclairé la figure de M'"^ d'Epinay, l'histoire de ses relations avec Rousseau, si obscure dans les Confessions, est maintenant un sujet presque épuisé^.
Nous voudrions cependant suivre encore Rousseau à l'Ermitage. C'est là, comme on sait, qu'il a commencé d'écrire la Nouvelle Héloïse; et chacun sait aussi qu'une autre femme célèbre, M"'^ d'Houdetot, a exercé une inlluence considérable sur le dessein de cet ouvrage. Par M'"^ d'Houdetot, nous serons conduits à nous occuper de Saint-Lambert^, dont le personnage est aussi très directement mêlé à la Nouvelle Héloïse. Tout cela, les Confessions nous l'indiquent, mais d'une manière fort vague ou inexacte. Peut-être y a-t-il moyen, par une lecture attentive de la correspondance de Rousseau et de quelques textes encore inédits, d'en savoir, sur cette question biographique et littéraire, un peu plus que le grand écrivain n'a jugé bon de nous en apprendre lui-même.
J^a Nouvelle Héloise, à son apparition, obtint un succès pro-^ digieux et d'un genre tout nouveau. Les lecteurs comprirent ; sans peine et de prime abord que ce roman n'était ])as tout à | fait comme les autres; que sans doute la trame générale et le j détail des différentes scènes en avaient été traités avec une cer- \ taine liberté, mais que les sentiments, à mainte reprise, y