‹ La nouvelle Héloǐse et Mme D'HoudetotChapitre 6 sur 8 · liiédilc. Lunovillc, 26 mars 175G · texte numérisé non relu

liiédilc. Lunovillc, 26 mars 175G

mande des nouvelles de votre santë^ et je prie tout ce qui vit avec vous de vous dire et de vous répéter que je vous trouve VJiomme que j'imaginois, et que je ne désire rien autant que de mériter et de cultiver votre amitié. »

Pour la mieux cultiver, même de loin (plein de confiance au demeurant dans le caractère de Rousseau), Saint-Lambert comptait sur M'"^ d'Houdetot, car c'est elle surtout qu'il faut entendre par ces mots : « tout ce qui vit avec vous ». Un peu plus tard, au mois de juin, tandis que Eousseau composait les premières lettres de son roman d'amour, M™' d'Houdetot lui écrivait pour lui donner des nouvelles de Saint-Lambert, retenu devant Port-Mahon ; elle lui reprochait en même temps, avec beaucoup de grâce, de venir si rarement à la Chevrette, car elle ne connaissait pas encore le chemin de l'Ermitage ^ Elle avait plusieurs fois, sans succès, tenté de l'attirer chez elle à Paris, et ne lui gardait pourtant pas rancune : elle savait son aversion pour le monde. Sans s'en douter cependant, elle lui était devenue « plus intéressante », depuis qu'il n'avait plus que l'amour en tête, en raison même de l'amour qu'il lui connaissait pour Saint-Lambert. Ce fut pour l'entretenir de ce cher absent qu'elle alla, vers la fin de Tété, lui faire une première visite. L'auteur des Confessions trouve que cette visite ce eut un peu l'air d'un début de roman » : c'est trop peu dire. Dans les dispositions "où il était, la présence de M™^ d'Houdetot et les circonstances qui la signalèrent, lui mirent au cœur dès ce jour-là les premières étincelles du feu qui, lors d'une nouvelle entrevue, Tembrasa tout entier. Le carrosse de M°'^ d'Houdetot s'était embourbé ; elle fut obligée de terminer la route à pied, et quand elle arriva, elle était mouillée et crottée; elle s'égaya fort de ce petit accident; Thérèse lui prêta des vêtements de rechange ; on lui servit une collation rustique ; elle partit toute ravie au bout de quelques instants, et promit de revenir. En ren-

1. Ce billet, dans le recueil de M. Streckeisen-Moultou, est inexactement daté de 1757.

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