‹ La Nouvelle Individualiste En AllemagneChapitre 100 sur 110 · Gœthe à Eckermann, 18 sept · texte numérisé non relu

Gœthe à Eckermann, 18 sept

son œuvre, qui lui permet, à l'indispensable contact de la nature, d'atteindre à la réalisation tangible de sa vision et de son rève. Le nouvelliste de génie ne s’interpose pas entre son œuvre et le lecteur, comme le font souvent les conteurs ; son ouvrage, une fois sorti de ses mains, agit librement sur nous, mais l'originalité de l'esprit qui l’a produit nous séduit dans la Nouvelle mème, et en double la valeur, comme ce sourire mystérieux où le génie de Vinci nous parle à travers les lèvres de Monna Lisa. La Nouvelle vaut d’autant plus, que la matière permet au

oète d’y épanouir la profondeur et la grâce de son âme. o

Faut-il encore discuter une question souvent posée : à quelle date commence, en Allemagne, l’ère de la Nouvelle moderne ? Les opinions diffèrent selon les préférences subjectives ou les habitudes traditionnelles de la critique littéraire. Gœthe, ou Tieck,ou mème Paul Heyse furent ainsi tour à tour proclamés fondateurs de ce genre restauré au xIx" siècle.

Lorsque l’on voit ce qu'était la Nouvelle avant Gœthe, (1) et ce qu'il en a fait, la question semble oiseuse. Si on lit les vieilles nouvelles allemandes colligées par Bülow, on y trouve des contes fantastiques, des contes de nour-

rice, et des « contes moraux » moraux lourdement, écrits,

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