Cf. Minor, p
3. Hebbel. Werke, VII, p. 228. Tieck, les deux derniers vers : In der Novelle dagegen vermag ich Dich nicht zu bewundern, Diese reizende Form hast Du erweiternd zerstært,
4. Briefwechsel, V.p. 291; 20. XIT. 1855. Die Novellen werden schwerlich gefallen, kænnen es auch nicht wohl in einer Zeit, die sogar den Begriff der Gattung verloren hat,
est si pénétré, lui, du « sens de l'espèce », qu’il peut en remontrer là-dessus même aux plus grands maîtres. Ainsi l'on verra cet expert décréter, au nom d’une loi formulée Par lui, que Gœthe n’y entendait goutte. L'auteur de Wilhelm Meïster appelait la Nouvelle Mélusine: conte fantastique, alors que c’est proprement une nouvelle; et il donna le titre de Vovelle à un récit qui, en dépit de Gœthe, demeure, évidemment, un conte fantastique. Spielhagen, dans le premier tome de ses Beitræge (1), morigène doctement ceux qui osent intituler roman, une nouvelle, et vice versa.
Rien n’est plus curieux que de voir ces écrivains plaider chacun à leur tour pro domo, c’est-à-dire pour la nuance dont ils prétendirent revêtir la Nouvelle et déclarer : Qui n’est pas pour moi est contre moi ; Si je ne suis Pas coupable, c’est done vous qui l’êtes.. Ce dogmatisme frappe d’autant plus que, malgré qu'ils en aient, ils s’accordent sur le fond de la question, sur l'élément primordial de la Nouvelle. Mais il leur en coûte trop de dépouiller qui, son ironie, qui, son paradoxe; ou son dilettantisme, où Son modernisme, On dirait des architectes chargés de bâtir un édifice sur un fondement déjà existant. L'un exige une terrasse à l'italienne, l’autre le toit aigu des pays du Nord; celui-ci propose de larges baies ; celui-là un étroit balcon ; un rez-de-chaussée suffit à l’un; et, d'aventure, survient un original qui réclame une tour penchée; et les discussions de reprendre au sujet des matériaux ; emploierat-on brique, pierre ou marbre?
l. p. 278 et suivantes.
À tous ces ingénieux praticiens la définition de Gœthe répond par sa belle nudité : Voici le fondement. Il est solide. Libre à vous de construire selon votre goût, vos aptitudes, si seulement votre édifice défie le temps. Ce que Gæthe dit à Eckermann, le 29 janvier 1827, à propos de la Vovelle, présente l'avantage d'exprimer ce qui dans une nouvelle longue ou brève, romantique ou réaliste, tragique ou humoristique, constitue proprement la Nouvelle. Ce propos de Gœthe a d’autant plus de poids qu'il est corroboré, le 27 février 1827, par un entretien avec Riemer, avec qui il discuta les qualités de ce genre littéraire, et, le 22 octobre de la même année, par une lettre à Humboldt.
Gœthe dit à Eckermann: « Qu'est-ce après tout qu'une Nouvelle, sinon un événement inouï et qui a eu lieu » (Line sich ereignete unerhœrte Begebenheit). Ces quelques mots contiennent en germe les questions essentielles que peut soulever la Nouvelle — techniques, esthétiques, ou éthiques. Il suffit de développer les idées qu’ils enferment : thème unique; unité d’intérèt ; singularité et vérité de l’action ; aspect historique, périmé de cette action; et
enfin, sous-entendu: récit de cette action.
Dans toute nouvelle de valeur l’on trouvera une synthèse des éléments que Gœthe indique implicitement dans son résumé empirique, mais l’on doit dès l’abord reconnaitre que la plupart de ces éléments ne forment pas l’exclusif apanage de ce genre. L'unité du thème se rencontre fréquemment dans une poésie lyrique; l’unité d'intérêt souvent se confond avec l’unité d’action, dans le drame, par exemple. Un grand poème épique, de même qu'un roman, peut présenter, grâce au recul du temps invoqué par l’auteur, un aspect historiquement objectif. Ce qui reste donc en propre à la Nouvelle, dépouillée de ce qu’elle a de commun avec d’autres genres littéraires, c’est la singularité du sujet ou du thème, la singularité aux deux sens du mot. Car un événement extraordinaire, et, si l'on peut dire, inusité, ne ressortit pas non plus exclusivement au domaine de la Nouvelle : le drame, le roman, la fable mythologique peuvent nous présenter des actions ou des faits inouïs, mais l'effet que le poète en peut tirer sera forcément d’un autre ordre que dans la Nouvelle, parce que dans ce drame, dans ce roman, dans ce poème épique, cet événement singulier ne se trouve point seul. D’autres événements singuliers peuvent le précéder ou le suivre,et, en tout cas, d’autres événements, qui n’ont rien d'inoui, l’accompagnent toujours, le préparent, l’expliquant, l’atténuant en un mot par cela même qu'ils lui enlèvent de sa « valeur » au sens pittoresque du terme. La lumière, répandue sur deux objets égaux ou de différente hauteur, ne les éclairera pas, comme elle fait un objet isolé.
Une seule singularité, tel est le cœur de la Nouvelle,
Cette condition sine qu& non détermine l'originalité de ce genre, assure quelquefois sa valeur, cause souvent sa fai. blesse. Plus qu’en aucune autre espèce littéraire, semblet-il, l'intérêt, l’effet dépend ici de la matière ; l’auteur parait l’esclave du sujet. Gutzkow disait avec une grande apparence de raison que plus que le roman, « la Nouvelle a besoin d’un sujet » et il pouvait ajouter sans trop de paradoxe : « Elle n’est que le sujet (1). »
La curiosité engendra la Nouvelle. Et parce qu’il y a des curiosités vulgaires ou malsaines, ce n’est point une rai- SOn pour voiler de beaux mots cette origine attestée par l'appellation elle-même : nouvelle. Qu'on se garde, dira Tieck (2), de confondre la Nouvelle avec une aventure, une histoire, un récit, un incident, une anecdote. Qu'on songe aux grands écrivains, Boccace, Cervantès et Gœthe qui ont fait de la Nouvelle quelque chose de précis, de particulier,
Sans doute, il appartient aux maîtres d'affiner, d’éduquer la curiosité, et pour ainsi dire, de la spécialiser. Cela n’empêche point la curiosité des conteurs et de leurs lecteurs d'être cependant très naturelle, très humaine, et même populaire. En dépit de Tieck la Nouvelle recèle une aventure, une histoire, un conte, une anecdote, voire un fait divers ; et si elle diffère en effet de tout cela, ce sera par une différence de degré, moins sans doute que par une distinction essentielle.
Gœæthe, qui voit plus clairement les choses, n’a pas peur