Kürschners Nationaliteratur. Gœthes Werke, XIV, p
2, Cf. Vierteljahrschrift far Lilteraturgeschichte, herausgegeben von B. Seuffert, 1890, pp. 26-27. Max Hermann : Die lateinische Marina.
historique. Étudions maintenant le « mélier » du nouvelliste, la technique de Gœthe.
La source du Prokurator est, comme on l’a montré (1): Le Sage Nicaise ou l’Amant vertueux, la « C°,et derrenière nouvelle » des Cent Nouvelles Nouvelles.
La première phrase d'Antoine de la Salle et de Gœthe indique au lecteur le lieu et le temps (1).
Le conteur français, en trois mots, qualifie la cité de Jannes de : « bonne, puissante et bien peuplée » (2). Gœthe ne nomme point Gênes, n’en dépeint pas les habitants ; il parle seulement d'un « port italien ». Est-ce, comme Düntzer l'insinue (3), parce que dans le récit de La Cantatrice Antonelli, Gœthe avait déjà mis un Génois en scène ? Non, sans doute. Mais le mot Gênes de l'original évoque pour lui l’idée d'une ville maritime et italienne, et il lui semble qu'il sera plus suggestif, encore que moins précis, d'écrire comme il le fait. En outre, dans une nouvelle plus que dans aucune œuvre d’art, il ne faut détourner l'attention du lecteur sur un détail, décor ou accessoire, qui ne sert pas à mettre en relief le côté « prégnant » du sujet. Ici, le nom importe peu et le lecteur n'a nul besoin de se représenter Gênes. Il doit seulement s'attendre à fréquenter chez un armateur, et à voir des mœurs italiennes.
Quand cette histoire s’est-elle passée ? Il y a quelque temps de cela, nous dit le conteur français, et il a raison, si peut-être il rapporta lui-même ce récit lors d'un voyage en Italie, et si, vivant au xve siècle, il ne s'étonne ni ne s’émeut de ces mœurs singulières. Gæœthe écrit trois siècles plus tard et peut donc employer exactement ce mot de « vorzeiten » qui mieux que ne le ferait le mot : jadis, évoque non l'antiquité, ni les temps modernes, mais assez précisément le moyen âge. Et surtout ce mot sert d'avis au lecteur allemand, qui sait une fois pour toutes qu'on lui présentera des mœurs italiennes et médiévales.
Comment auteur français et auteur allemand dépeignent-ils le commerçant avant la crise? Chez tous deux, le marchand, très riche, très actif, très entendu au gouvernement des navires, n’a eu ni le loisir, ni le désir de s'intéresser à rien autre qu’à son métier.
Mais tandis que le conteur français commence naïvement par ce qui frappe le plus: la richesse, Gœthe, comme dans la première partie de la phrase où ilindiquait d'une façon suggestive, imprécise, lieu et temps, attire dès la seconde partie de la première phrase l'attention sur les qualités essentielles du marchand : activité, perspicacité, qualités qui le distinguaient dès son enfance, et sur quoi repose tout le récit, Sa richesse n'y joue qu'un rôle accessoire; et si Gœthe la mentionne dans la seconde phrase, c'est pour montrer comment activité et perspicacité la produisirent. L'auteur français