‹ La Nouvelle Individualiste En AllemagneChapitre 2 sur 110 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

ne sert qu’à faire saillir l’individualité du genre. Si l’on veut arriver à un résultat, il faut, de la masse des œuvres, « abstraire » la Nouvelle la plus Nouvelle, la Nouvelle au superlatif. Ce n’est pas dénier au conte lyrique ou fantastique, social, au récit dialogué, philosophique, littéraire, artistique le droit à l’existence. Nous examinons la Nouvelle dans ces ouvrages où forme et matière, comme dans une statue, ne font qu’un.

Cette Nouvelle nous la considérons dans sa période de renaissance, 1794-1856, qui coïncide avec le particularisme politique. Sans précisément refléter cet état de choses, les œuvres les plus saillantes de cette époque relèvent toutes de ce que l’on pourrait appeler : la Nouvelle Individualiste. Des conteurs de talent original, depuis,s’imposèrent au suffrage d’une nation qui subissait une transformation profonde. Mais quelle que soit l’évolution parcourue par l'Allemagne, du particularisme à l’étatisme, il faut remarquer queles grands nouvellistes de laseconde moitié du siècle prolongent la tradition individualiste du genre.Si l'admiration du public cultivé et des délicats continue à s’adresser aux œuvres des nouvellistes « classiques », c’est que l’individualisme germanique subsiste sous l'impérialisme allemand. Il fallait borner notre étude ; l’art des Keller, Storm, Heyse, C. F. Meyer variera de nuances diverses la Nouvelle, mais n’en changera point l'essence.

Pour comprendre les chefs-d’œuvre de l'hellénisme il faut de l’atticisme; pour entendre Racine ou nos moralistes, il faut être Français, s'il l’on n’est Gœthe ou Nietzsche. Dans cette étude, nous nous placerons sur le sol allemand ; sur cette terre où ces Nouvelles enfoncent leurs racines, dans cette atmosphère où elles grandirent, et continuent à fleurir.

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