‹ La Nouvelle Individualiste En AllemagneChapitre 31 sur 110 · Jean-Pauz Ricurer. Vorschule der Aesthetuik, K · texte numérisé non relu

Jean-Pauz Ricurer. Vorschule der Aesthetuik, K

est un de ces mots-racines. Le long chemin a lassé la petite fille ; mais elle garde toute confiance en son grand frère, parce que le bambin, à peine plus âgé qu’elle, est un homme. Il n’a pas peur non plus, lui, et pour rassurer Sa sœur, il trouve toujours une réponse à ses questions, et chaque fois, à seize reprises au cours de leur odyssée à travers la neige, les glaciers et la nuit, Sanna répond aux explications de Conrad par ces mots où s'exprime tout son caractère, où se marque toute sa naïve confiance, toute sa pureté ignorante du terrible danger : « Oui, Conrad. » Plus le lecteur sent qu'avec chaque pas en avant, la fatigue des enfants augmente, et le péril de la mort qui les guette, plus ces mots de délicieux abandon résonnent tragiquement dans l’immensité magnifiquement impassible des hautes montagnes. Mais c’est en mème temps cette naïveté qui rend possible le miracle ; seul, le cœur pur d'une enfant peut apercevoir dans la nuit de Noël l'Enfant Jésus ; et la radieuse vision sauve la petite Sanna du sommeil mortel qui déjà l’accablait.

Citons encore un exemple de ces mots propres, un de ces mols-racines du caractère. On le trouve dans la scène dramatique, où le vieux Nettenmair enjoint au mauvais fils de se précipiter du haut en bas de l’église. Fritz refuse d’obéir à l’ordre implacable du père de famille ; le vieillard alors annonce à son fils qu'il va se précipiter avec lui, et il ajoute : « On sait que j'ai les yeux malades; on croira que j'ai fait un faux pas, et qu'en voulant me retenir à toi, je l’ai entraîné avec moi dans ma chute (1). > Comment

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