Rudolf Lindau
de caractère. Elle pleure quand son mari lui donne l’autorisation que l’on sait, mais ses larmes sèchent assez vite ; à la fin de la nouvelle, dès qu'elle s’aperçoit qu’elle est nue, elle a un caractère. En cas de danger,elle pourra maintenant prendre l'offensive. De caractère romanesque elle devient, dans une crise profonde, un de ces caractères de femme comme la Nouvelle en présente de préférence. Elle a dépouillé sa médiocrité et conquis son individualité. Sur ce point, le drame allemand diffère de la Nouvelle allemande qui exige de la part de ses héroïnes beaucoup plus de ressort.
Par contre on trouve dans le théâtre allemand, et cette fois non pas seulement chez Hebbel, de ces caractères masculins qui se rencontrent également dans la Nouvelle, de ces « ramasseurs de duvet, » comme disait Fritz Nettenmair en parlant de son frère Apollonius: de ces caractères minutieux et rèveurs à la fois, volontiers superstitieux, ratiocineurs. Le ménétrier appartient aussi à cette famillelà (1). Pour le drame un nom suffira : Wallenstein.
« La force joyeuse, l’assurance, la décision rapide pour agir manquent à la plupart des caractères héroïques des Allemands (2), dit Freytag; ils hésitent, ils doutent, et sont portés en avant plutôt par les circonstances extérieures que par les revendications intransigeantes de leur moi.» La Nouvelle ne fait pas fi de tels héros ; car, l’ini-
tiative, et non pas l'énergie, leur manque. Leur cœur ou
1. Frédéric Mergel présente aussi ces tendances à l’état embryonnaire.