Schiller. Die Künstler
prêche-t-il pas indirectement l’impassibilité? Il affirme la maîtrise de celui qui voit les choses de haut, qui les domine, qui sait le dénouement dans l'instant qu’il prélude, et qui, à vol d'oiseau, aperçoit la petitesse, dans le temps et l'espace, de l’objet sur lequel il attire notre attention.
Au théâtre, nous prenons part directement à l’action que l’on ne nous raconte pas, à l'histoire qui se forme et se développe devant nous, comme avec notre assentiment ou notre complicité. Un poète mettra souvent dans une nouvelle, plus de son cœur, qu'il n’oserait ou ne pourrait faire dans le drame (1). Quant au roman, s’il est une épopée subjective, comme disait Gæthe, il répugnera bien souvent aux timides, qui cachent, sous le scepticisme ou sous.une combativité bruyante, leur sensibilité. Les expériences de leur cœur, qui donc irait les chercher dans une nouvelle? Dans une pièce de théâtre, le spectateur sera toujours tenté de chercher parmi les personnages quel est le porte-paroles de l’auteur. Dans la Nouvelle,où cependant les héros n’ambitionnent guère une valeur typique, l’on n’y songe pas. Les caractères sont pourtant individuels, mais ils le sont pour ainsi dire trop, pour nous faire penser au nouvelliste. Certes, on ne saurait dire qu'ils soient des caricatures, mais on nous les montre par les moyens qu'emploie la caricature; un trait de leur caractère est particulièrement accentué, celui qui se dégage de la réaction inouïe; si bien que le caractère nous apparaît unique, singulier, quand, au fond, c’est seulement le rapport des
événements au caractère qui l’est vraiment.