‹ La Nouvelle Individualiste En AllemagneChapitre 55 sur 110 · Rudolf Lehmann. Poetik, p · texte numérisé non relu

Rudolf Lehmann. Poetik, p

Roche; soit entre deux conceptions morales: Procurateur, La Marquise, Novelle. I] arrive aussi que dans leur lutte contre l'événement extérieur les héros entrent en conflit avec eux-mêmes, la marquise, Mozart, Apollonius. Dans ce cas, la grandeur et la petitesse de l'homme nous apparaissent réunies dans un même caractère, Sans avoir toujours la même force que les ouvrages étudiés ici, d’autres nouvelles présentent « la lutte de l'individu contre une collectivité » (1), par exemple : Renate, La maison du Brasseur, Le Sosie, de Storm. Dans ces nouvelles, les héros doivent lutter «contre les préjugés d'une foule grossière, sans jugement » (2) ; mais l’on ne saurait classer dans cette catégorie Le Tremblement de Terre, parce que c’est le cataclysme qui renforce la valeur nouvellistique de la foule fanatique ; et le critique de Storm n’aurait point dû y ranger Le Cavalier au cheval blanc, car la lutte du surintendant des digues contre l’aveuglement de ses concitoyens pèse peu auprès du duel grandiose qu'il soutient contre la force aveugle et sournoise de l’océan.

L'opposition de l'individu contre une force extérieure apparail chez les différents auteurs, plus ou moinsprofonde, selon que la Nouvelle s'approche davantage ou moins du roman. De mème la réaction de l'individu a ses degrés.

Parfois elle manifeste simplement l'instinct. M. Heyse

1et 2, Cf, Eichentopf, p. 52,

excelle à montrer de vivante façon ces réactions de l’instinct coincé dans les étaux de la société. Les circonstances extérieures ne font que donner le branle au jeu des ressorts d’un bel animal dont nous admirons la vitalité. S'il ignore le but final de ses actes, s’il obéit purement à l’instinct de conservation, du moins l'animal a-t-il conscience de ses actes eux-mêmes, et il prend plaisir à agir,

Dans d’autres ouvrages cet instinct, très fort encore, se mêle déjà d'intelligence, de volonté. C'est un besoin d'agir dans le malheur, pour sortir du malheur, pour s’en distraire, quitte à en provoquer un plus grave. Le caractère de la marquise relève un peu de ce genre.Ou bien, comme pour les amants du 7remblement de Terre, le danger qui plane au-dessus d’eux les délivre de tous les mensonges de la société, et leurs actes ont toute licence d’être aussi naïfs que ceux de Sanna et de Conrad, de Mozart. « Dans l’ordre ordinaire des choses, les convenances mettent aux hommes mille entraves, qu'ils dépouillent au milieu des tempêtes de la guerre. Celui qui, à chaque heure, voit la mort face à face, méprise les petites hypocrisies de la vie. Le soldat n’a point de raison de se montrer autre qu'il n’est. Il sent sa valeur, sa force, et ne fait parade de rien d'emprunté (1).» Sans parler des récits militaires de Liliencron, les personnages des nouvelles se montrent assez souvent sous ce jour, dans des situations analogues à celles que crée la guerre.

Au-dessus de ces héros dont la force de réaction est

bellement païenne, on en trouve chez qui elle se mani-

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