Auerbach, Gœthe und die Erzæhlungskunst, p
d'abord, curiosité assez Spéciale que connurent bien Montaigne, Stendhal, Kleist, Mérimée ; nous avons subi cette impression subjective du tragique, impression presque physiologique ; les passions des héros ont captivé notre sympathie. La lecture est achevée. L'auteur n’a rien voulu enseigner, mais s’il nous a montré pleinement, profondément, ce morceau de vie, l’idée surgit alors devant nous ; les passions des héros, qui la dissimulaient, s’atténuent devant elle, Nous sommes libérés de notre sympathie, notre intelligence reprend ses droits. Nous ne déplorons plus la témérité de l’un, le malheur d’un autre ; nous ne donnons pas tort à celui-ci, ni n’applaudissons aux actes de celui-Ià. Nous comprenons ce qu'il y avait de tragique dans le conflit, et que, des antagonistes, chacun a raison à sa manière. La Nouvelle, qui, par son origine, semblait le plus sensationnel et le moins intellectuel des genres, fait en dernier lieu appel à notre intelligence.
Ne semble-t-il pas que ces inots de Spielhagen puissent s'appliquer expressément au nouvelliste : « L'homme [Spinosa] qui nous apprit qu’il ne fallait ni déplorer, ni railler les actions humaines, mais les comprendre, est aussi sûrement le philosophe du poète épique, que le prophète de l’Impératif catégorique du devoir l’est du dramatiste. » (1)
La Nouvelle exige du lecteur qu’il se surmonte lui aussi; qu’il comprenne, objectivement, le symbolisme du récit, qui, tout à l'heure, l’émouvait ; qu'il se résigne à voir la vie sous son véritable jour: la grandeur tragique n'est faite que de notre faiblesse. Le symbole ne résout