Spielhagen. Beitræge, p
pas le problème; il permet de découvrir sa nature. La nouvelle ne saurait être une allégorie, ni une sorte d’opération mathématique dont on puisse faire la preuve sans reste. Ce reste mystérieux, où personne ne peut atteindre, cet inouï, dont on nous montre les effets, ne se laisse pas démontrer. Il est le « merveilleux » de ce genre épique bien moderne, dans lequel lidéalisme des carac-
tères dissimule mal la vision pessimiste du poète.
Ce pessimisme idéaliste, si l’on peut accoupler ces deux mots, se trouve à l’état latent dans un grand nombre de nouvelles ; c’est par lui que s'exprime la conception du nouvelliste, du penseur. Mais il revèt, selon l’état d'âme du poète, une nuance satirique ou humoristique.
Comme on l’a dit très justement, « la vision satirique et la vision humoristique ne sont la plupart du temps que l’avers et le revers de la même conception. » (1) Les Nouvelles reposent sur le contraste, sur l’antithèse d'une réalité et de l'idéal, et, à ce point de vue, elles peuvent toutes passer pour satiriques, au sens où Schiller entendait ce mot. Mais « la poésie n’est et ne peut être qu’une
image du monde dans le miroir de l’âme du poète ». (2)