‹ La Nouvelle Individualiste En AllemagneChapitre 61 sur 110 · Rudolf Lehmann. Poelik, p · texte numérisé non relu

Rudolf Lehmann. Poelik, p

2, Spielhagen. La Coquette du Village, au début. A rapprocher d’une idée d'O. Ludwig : « Auch selbst wenn der Autor den Hel-

den uns durch das Ganze in der dritten Person darstellt, ist es

L'opposition entre l’idéal et la réalité apparaîtra donc tantôt brutale, amère,comme dans les nouvelles de Kleïst, de Droste-Hülshoff, dans certaine partie de celles d'Otto Ludwig. Les faits enfermeront une sorte d'ironie en puissance : le sauveur de la marquise sera celui qui l’a violée ; la joie d’avoir survécu au cataclysme accroît la cruauté des Chiliens.

Ou bien les antagonismes seront atténués, fondus par l'humour des héros (1), comme le ménétrier et Mozart, qui semblent résoudre harmonieusement le tragique contraste de la vie, ou par l’humour naïve des enfants dans Cristal-de-Roche, qui marchent à travers les abîmes sans songer à la mort qui semble guider leurs pas. Le nouvelliste se contente pour cela de faire agir ses personnages conformément aux tendances de leur caractère, et ainsi nous frappe leur naïveté tragique ou touchante. Dans le personnage de Fritz Nettenmair, Otto Ludwig a laissé un admirable exemple de cette humour tragique qui semble si rigoureusement objective.

Le didactisme lui-même peut devenir nouvellistique, toujours à la condition d’être comme contenu dans les héros. Dans les personnages du Procurateur, on le rencontre sous un aspect plus ironique, tandis que dans certains récits de Gottfried Keller il s’incarne dans des person-

nages vus humoristiquement. Jamais cette vision satirique

immer, als erzæhle er uns in des Helden Geschichte seine eigne ; denn der Held bleibt unser Auge, unser Ohr, durch die wir die Dinge sehen und hœæren. >» VI, p. 116-117.

1. Cf. O. Ludwig, VI, p. 190: « Das Vehikel dieser Verbindung [wunderbar und natürlich] ist der Humor. »

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ou humoristique des choses ne se traduit dans les ouvrages de valeur par une tendance, où se trahit le subjectivisme, l'intention de l’auteur.

Chez des nouvellistes de moindre envergure, la polémique ironique, le persiflage remplace cette satire foncière, cetle humeur inhérente aux caractères. Que de fois les personnages de Tieck sont dûment chapitrés par celui d’entre eux qui tient l'emploi du raisonneur (1). Le vrai poète (et mème le plus ironiste, comme Mérimée), ne se moque pas, dans la nouvelle, de ses personnages ; ou s’il sourit, ce n’est pas de son héros, mais avec son héros. « Au fond, il n’y a qu’une chose qui fasse vraiment plaisir, c’est la naïveté (2). » On pourrait ajouter à ces mots du célèbre esthéticien : dans la nouvelle. L'ironie spirituelle, généreuse souvent, de Tieck, détruit toute l'illusion de la plupart de ses nouvelles, parce qu’elle attire à chaque instant l'attention sur l’auteur, et ne sourd point nécessairement de ce qu’il nous montre (3). Elles sont ou de

1. Les personnages de Hoffmann sont souvent raillés par l’auteur, mais dans des contes, où le poète, en vertu de l'efet qu'il se propose, dispose d’autres moyens et jouit d'autres droits que les nouvellistes,

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