‹ La Nouvelle Individualiste En AllemagneChapitre 72 sur 110 · Cf. Betty Paoli, p · texte numérisé non relu

Cf. Betty Paoli, p

2, Rud. Lehmann. Poetik, p. 36.

3, Tieck, Werke, t. 11, p. LXXXIV-XC.

du nouvelliste qui se laisserait ainsi entraîner par tous les hasards du sujet, les chefs-d’œuvre de la Nouvelle nous permettraient plutôt d'accorder notre assentiment à la définition indirecte du genre, que donnait un critique : « Heiteretei, un conte populaire, qui mérite pleinement la dénomination de « Nouvelle », parce qu’elle est une œuvre d'art soigneusement préméditée. » (1)

Mœrike a bien exprimé, sans le moindre pédantisme, le double aspect de cette sélection technique, lorsque, dans une lettre à laquelle il a déjà été fait allusion, il écrivait à l’un de ceux qui regrettaient qu'il eût accourci sa nouvelle : « Je prévois que maintenant tu ne la voudras ni autre, ni plus longue qu’elle n’est. Du reste, si l’on n'y remarque pas les longues et fréquentes interruptions qui pour un peu en eussent empêché la réalisation, c’est une chance dont on ne saurait être reconnaissant qu'à la grande force d'attraction du sujet. » (2)

La concentration peut être atteinte selon les sujets, et selon le tempérament du nouvelliste, par la très forte accentuation de l'essentiel, par la lumière des rehauts, ou par un estompage donnant aux divers plans secondaires leur ombre juste. La Nouvelle possédera, comme dans les travaux de Kleist, une très énergique «musculature » ; (3) elle sera presque toute en muscles ; ou bien, et c’est le cas du IHêtre-aux-Juifs, du Pauvre Ménétrier, 4e Mozart, elle

Page 1