Gedanken Olto Ludwigs, p
2, TDtd1p. 126:
380 CHAPITRE VIll
nous parlent simplement, comme si nous les écoutions ; le style du récit en prend une nuance particulière. Le conteur n’est plus rigoureusement impassible. Un geste involontaire semble parfois trahir sa pensée, ou commenter son récit ; mais il se garde d’une émotion dont le pathétique choquerait en pareille circonstance, au milieu de gens cultivés à qui il voulait procurer une artistique distraction. Kleist et Droste-Hülshoff, pour éprouver la valeur de leurs ouvrages,surtout au point de vue du style, se les récitaient à eux-mêmes ; la poétesse westphalienne a ainsi « parlé » les courts dialogues du Hétre-aux-Juifs pour s'assurer qu'ils étaient de bon aloi. Mærike lit et fait lire Mozart en public, pour se rendre compte de l'effet atteint, et se déclare satisfait; car son œuvre a produit sur le gros du public une impression sereine, et sur les délicats une impression mélancolique.
Kleist,sûr de son effet, a pu ainsi oser ses constructions mouvementées, ses longs récits au style indirect, rigoureusement épiques, lourds parfois à la lecture, mais qui prennent, récités, toute leur valeur, toute leur rapidité. Wieland, avec plus de malice,assure que les personnages dans les récits de l’Æexaméron sont fort bien caractérisés par les inflexions et tons de voix que leur prète une jolie et spirituelle rapsode. (1) Certains nouvellistes modernes, Halbe, Clara Viebig outrepassent sciemment les droits du rapsode, et lorsqu'ils récitent leurs nouvelles, donnent aux dialogues, plus nombreux, l’accent dramatique, personnifient par les changements de voix les interlocuteurs, et