‹ La Nouvelle Individualiste En AllemagneChapitre 87 sur 110 · W. Schlegel, cité par Haym, p · texte numérisé non relu

W. Schlegel, cité par Haym, p

Si Kleist dépeint le contraste entre l'instinct et le sentiment moral, ou le passage de l’un à l’autre; si Paul Heyse nous montre au contraire que l'instinct correspond à celte unité de la nature, que le doute moral ne fait qu'émietter, ils ne donnent raison, dans leurs nouvelles; ni à l’un ni à l’autre adversaire. Ils ne cherchent point à susciter d'effet moral, mais simplement à manifester une réaction frappante de la vie. Ils font vivre le lecteur plus activement ; ils le stimulent par le spectacle de la tension vitale des personnages.

Les événements peuvent être moraux, mais ce par quoi ils nous intéressent surtout, c’est leur nécessité, leur dépendance.Ils auront leur beauté, mais au même titre qu'un caractère criminel, dont l’auteur nous expliquera, grâce à sa compréhension sympathique, le mécanisme ordonné. Il n’y a point de faute personnelle, ni partant d'expiation nouvellistique. Storm protestait à bon droit contre ceux qui interprétaient du point de vue criminaliste le dénoûment de ses nouvelles. Ce que l’on dénommerait « faute » des héros de nouvelles, ne serait jamais que l'infirmité de l'humaine nature, bornée par les conventions, le milieu, la profession, l’hérédité. Dans les événements de la Nouvelle, c’est surtout la nécessité extérieure qui vainc la liberté morale des personnages, qu'ils soient les héros tragiques du vouloir ou de la passivité sentimentale, que le destin ou la méchanceté des hommes brise leur être. La Nouvelle donne raison à chaque caractère, pourvu qu'il semble conséquent avec lui-même. « L'homme ne doit pas être meilleur que sa conscience (1). » Nous ne

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