CONCLUSIONS
Conte et Nouvelle
Après avoir dans tous les chapitres précédents essayé d'isoler les éléments qui composent la Nouvelle la plus Nouvelle, la Nouvelle Individualiste, nous pourrions tenter de faire comme la preuve de nos démonstrations. Qu’enferment de nouvellistique des ouvrages qui portent, plus ou moins arbitrairement, la dénomination : Nouvelles, ou que l’auteur appelle simplement : « Erzæhlungen », récits, contes ? (1)
Nous trouverions d’une part des diminutifs de la Nouvelle, et d’un autre côté des œuvres, qui relevant du genre
épique, forment cependant une autre espèce littéraire.
1. Une anecdote, dit Wieland, au début de Amitié et Amour à l'essai.
Sil’onenvisage le sujet, beaucoup de récits répondraient, précisément, à la définition, un peu négative, donnée par Wieland. (1) « Pour une Nouvelle, il est entendu que ce n’est ni dans le Djinnistan des Persans, ni dans l’Arcadie de la comtesse Pembrocke, ni dans la Thessalie de M'* de Lussan, ni au pays du Tendre de l’auteur de la Clélie, ni dans aucune autre contrée idéale, qu’elle a eu lieu, mais dans notre monde réel, où tout se passe naturellement et intelligiblement, où les événements sans être, il est vrai, « quotidiens », pourraient cependant, dans les mêmes circonstances, se produire tous les jours. »
Dans Amitié et Amour à l'essai (Hexaméron de Rosenbain) nous trouverions un agréable ouvrage qui répond tout à fait à cette définition. Un artiste, de tempérament en dehors, épouse une jeune fille sérieuse et réfléchie ; un jeune homme réfléchi, rèveur-méticuleux, épouse une jeune fille rieuse et sans cervelle. Depuis longtemps les deux maris étaient unis par une amitié dont leurs dissemblances semblaient s’accommoder le mieux du monde. Les deux unions n’ont pas le même résultat. On se résout, à l'amiable, à faireun échange où les deux couples trouveront profit. Mais après un bonheur où le changement joue le rôle principal, les deux jeunes gens s’aper-
çoivent que mieux valait encore l’ancien état de choses,