Chap, 38, Bardolini
impression qui pourrait sembler exagérée, et les phrases suivantes ne fournissent-elles pas une définition indirecte de ce que Laube entendait par Nouvelle. Il aperçoit dans une diligence une jeune femme, belle, élégante malgré sa toilette un peu défraichie, rêveuse, et il écrit: « Il devait se cacher là une Nouvelle. »(1) J'aurais bien voulu «savoir cette Nouvelle. » Ou bien, apercevant une Anglaise, qu’il ne connaii guère, mais dont il est déjà fortement épris, il écrit (2): « Elle arrêta sa monture, le regarda longtemps, d'un regard perçant, plein d'intimité, d’étonnement, de joie, plein de doute, Ce regard était toute une nouvelle.»
Étant donné cette conception de la Nouvelle, nous ne nous étonnerons point que Laube intitule : « La Nouvelle Montagnarde >» le plus plat, le plus insignifiant de ses récits, simplement parce que l’aspect d’un paysan lui aura peut-être paru intéressant, au sens où les peintres emploient ce mot.
De telles nouvelles, qui n'ont de la Nouvelle que le nom, pourront, adroitement contées, nous intéresser comme tout conte ; il ne faut point leur demander cette profondeur, cette sincérité, cette « Innerlichkeit », où Otto Ludwig voyait, non sans justesse, la raison de l'excellence du genre. (3)
Malgré la caractéristique didactique des personnages, malgré les tournants trop brusques de l’action, par exemple l’évolution peu motivée de Léontine, — de la senti-