‹ La nouvelle législation de l'indexChapitre 48 sur 133 · II. Le nouveau texte met la loi en conformité avec la · texte numérisé non relu

II. Le nouveau texte met la loi en conformité avec la

pratique. De droit externe, aucune autorisation n’est requise

pour lire les traductions approuvées ; chacun doit seulement se préoccuper des exigences de la loi morale en ce qui Île concerne. Les traductions non approuvées demeurent prohibées, sauf pour ceux qui s'occupent d’études théologiques

+ ou bibliques, aux conditions indiquées plus haut.

Le nouveau réglement, précisant le décret de 1757, introduit dans la loi une prescription qui était déjà requise en pratique ; pour être autorisées, les traductions de la sainte Écriture en langue vulgaire ne doivent pas seulement être accompagnées de notes tirées des écrits des Pères ou d’au-

…. teurs catholiques ; elles doivent encore avoir l’/mprimalur

d’un évêque, ou, comme dit notre texte, être publiées sous la surveillance des évêques, ce qui semble indiquer une attention et des soins plus marqués que pour la simple concession d’un /mprimalur. C'est ia meilleure garantie que l'on puisse exiger. Si donc on veut publier une traduction en langue vulgaire sans l'accompagner de notes, l’autorisation du Saint-Siège est nécessaire ; si on y joint des notes, celle de

l’évêque suffit. Cela ne signifie aucunement que les traduc-« tions soumises à l'examen du Saint-Siège doivent nécessaires M ment être sans notes. Il n’est pas non plus requis que les À notes soient empruntées textuellement aux Pères de l Église 4 ou aux auteurs catholiques; il suffit qu’elles en reproduisent à. fidèlement les doctrines. 4 Ce commentaire amènerait nécessairement ici étude d'in 4 question de la plus haute importance; quels sont les avantages.e 4 quels sont les inconvénients de la lecture de la Bibie en, langue vulgaire pour la masse des fidèles? La crainte es inconvénients n’a-t-elle pas amené une regrettable ignorance de la parole de Dieu ? En particulier, n’a-t-on pas généralisé cette abstention au point de laisser ignorer l'Évangile ? L'examen de ces questions m’entrainerait trop loin; je me borne à les signaler à l'attention des prêtres qui ont charge | d'âmes. Ils trouveront la pure doctrine de l’Église exposée « par Benoît XIV dans son traité De Synodo, Liv. VI, ©: xsavec ; son calme et sa modération habituels : pour notre époque, 3 je leur conseille la lecture de quelques pages admirables

dans La question biblique, publiée il y à quelques années par le regretté Mgr d’Hulst. Des réflexions, même sommaires, feront constater que la plupart des fidèles ne connaissent. de l’Écriture sainte, même de l'Évangile, que les passages. reproduits dans leurs livres de prières ; il y à bien peu de : maisons d'éducation, même parmi les plus religieuses, où l’on fasse une place quelconque à l'étude de l'Écriture sainte, — où l’on mette l'Évangile entre les mains des écoliers. Cette « ignorance du livre par excellence, de la vie el des enseigne- 1

inents de Notre-Seigneur, contribue certainement pour une part à cette faiblesse des convictions religieuses que l’on dé. plore chez un trop grand nombre de jeunes £ gens. El par quoi est remplacé, trop souvent, l'Évangile? Par une quantité de. livres de piété qui ne donnent qu’une dévotion toute de surface et de sentiment, quand elle n’est pas fausse et métieuleuse. Ouvrez les bureaux des jeunes filles élevées dans les.

maisons religieuses; leslivres de piété y abondent : dans combien L'on verea vous l'Évangile? |

Mais j'ai hâte d’en revenir à mon sujet. Des fidèles ,

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demandent souvent s’il est permis de lire telle ou telle traduction française de la Bible, telle ou telle édition des Livres saints. Pratiquement, il faut écarter les traductions qui n’ont aucune approbation ; mais peut-on toujours vérifier l’exactitude des approbations données à des traductions déjà an-

ciennes ? On peut en présumer la valeur pour les éditions

originales; mais une disposition de nos règles générales tranche la question en ce qui concerne les éditions ultérieures. Toute réimpression d’un livre sujet à la censure préalable doit être elle-même approuvée (n° 44); par conséquent, toute nouvelle édition des traductions anciennes devra porter l'imprimalur donné à cette réimpression où adaptation ; sans quoi on devra la tenir pour prohibée.

I! serait infiniment désirable que, dans chaque pays, il existât une version de la Bible en langue vulgaire, faite avec le plus osrand soin par les ordres de l’épiscopat, patronnée par lui et qui servirait seule pour l’usage ordinaire. Il ne s'agirait pas de lui donner valeur officielle, comme à la Vulgate, ni de condamner les autres traductions ; mais qui ne voit l'utilité

qu'il y aurait à assurer ainsi l’exactitude et l’uniformité dans

les lectures de l'Évangile, dans les paroissiens et livres de

prières, et même dans les citations faites par les prédica- ” teurs? Quand on à vu de près les invraisemblables contresens que contiennent certains paroissiens ou certains livres

de prières, quand on se rappelle les services rendus à l'Eglise

+ catholique en Angleterre par l'adoption officieuse de la ver-

sion dite de Douai, on ne peut que souhaiter, pour notre

… pays, le bienfait d’une telle traduction française de nos Livres saints.

Notons en terminant, que les résumés de la Bible, les ma-

… nuels d'Histoire sainte ou les vies de Notre-Seigneur à … l'usage des écoles, ne doivent pas être assimilés aux éditions - du texte de la Bible.

ART. 8. — Sont interdites toutes les versions des saints

Livres en langue vulgaire quelconque, faites par des écrivains

non catholiques, quels qu’ils soient, et notamment celles pu-

bliées par les sociétés bibliques, plus d'une fois condamnées

par les Pontifes Romains, car les lois salutaires de l'Église sur

l'édition des saints Livres y sont absolument négligées. Néanmoins l'usage de ces versions est permis à ceux qui

s'occupent d'études théologiques et bibliques, aux conditions

déterminées ci-dessus (art. 5).

Si les traductions de la Bible en langue vulgaire, même quand elles ont pour auteurs des catholiques, ne doivent pas être mises indifféremment entre toutes les mains, si leur orthodoxie doit être sévèrement surveillée par les Ordinaires, si enfin les traductions non approuvées sont tenues pour interdites à la masse des fidèles, une prohibition plus sévère s’impose d'elle-même quand ces traductions ont pour auteurs des non-catholiques, surtout pour les traductions répandues dans le monde entier par les sociétés bibliques. Notre article

en donne pour raison explicite que ces versions sont faites et.

publiées au mépris des sages mesures prises par l'Église pour les éditions des saints Livres. Cest qu'en effet les sociétés bibliques sont d’actifs propagateurs du protestan- tisme, et si leurs récentes éditions portent, moins marquée,

l'empreinte des préoccupations hérétiques de leurs auteurs,

il serait exagéré de prétendre que ce caractère a complètement disparu. Elles sont donc dangereuses pour le peuple catholique et justement prohibées. D'ailleurs, comment en justifier l’usage ? Si les catholiques veulent lire l’Éeriture sainte, ils ont à leur portée. des éditions catholiques; s'il s’agit de travaux $ur la Bible, qui n’intéressent que ceux qui en font une étude plus spéciale, ils reçoivent par notre texte autorisation d’user de ces traductions.

Les traductions en langue vulgaire faites par des auteurs. hérétiques étaient prohibées, d’une manière générale, par la

IIIe Règle de l’Index, reproduite plus haut. Celles des sociétés bibliques en particalier ont été à plusieurs reprises condamnées par les Souverains Pontifes. Les rédacteurs des Acla Sanciæ Sedis ont publié en 1877 un recueil de docu-

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ce sujet (1) et M. Dont renrodtite dans son Las les passages les plus RES des actes

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