‹ La nouvelle littérature, 1895-1905Chapitre 22 sur 44 · V. — LE ROMAN MILITAIRE · texte numérisé non relu

V. — LE ROMAN MILITAIRE

On a voulu beaucoup prouver et le roman militaire est en général le roman antimilitariste. Dès lors on devine ses défauts et ses erreurs. Nous ne parlerons pas des volumes à scandale ou des histoires de filles à soldats dont on ignore déjà la vogue récente. Que nous importent les duels, les mises à la retraite ou les procès qui actionnaient la vente de récits dont nous ne nions pas la sincérité, mais dont nous constatons le style (!).

La Grande Muette a fait beaucoup trop parler d'elle et encore plus écrire à son sujet. L'officier romancier est une nouvelle catégorie qui affirme à nouveau la confusion des genres, des méthodes et des devoirs dont nous souffrons. Dans la Société française sous la troisième république MM. Marins-

Ary Leblond ont étudié l'officier à travers le Roman moderne. Nous avons peu d'études impartiales sur l'armée. Cependant la Rouille du Sabre de M. Eugène Morel doit figurer hors-pair, par sa sobriété, son impartialité , son style. L'existence monotone dans une garnison provinciale y revêt une apparence exacte, vivante, navrante. Citons La Caserne de M. Albert Lantoine , d'un style si étrange et si coloré, Un An de Caserne, de Louis Lamarque.

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