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L — LE DRAME ROMANTIQUE

« Jonglerie des mots, néant brutal dasens », c'est un universitaire qui juge ainsi M. Richepin (Jean) ; qu'eut-il dit de M. Jacques Richepin ? Tout le monde est d'accord, le drame romantique est sans pouvoir sur le public et ses derniers bourreaux, à quelques exceptions près, ne savent même plus l'art des beaux vers inutiles. Le succès même de V Aiglon ou Cyrano ne doivent plus nous faire illusion. C'est la dernière lueur avant l'ombre définitive, le dernier surgeon, la dernière poussée de sève au tronc de l'arbre mort. L'esthétique caduque du romantisme ne s'anime plus, même au contact des jeunes énergies. La Cavalière, Cadet- Roussel, Falstaff , Derceto n'auraient même pas l'excuse des rythmes sonores. Malgré M. Catulle Mendès qui prône encore un théâtre de rêve, mâtiné de Marivaux, de Tabarin et d'Eschyle, le public, qui accepta tant de médiocres mélos, n'accepte plus les personnages chaponnés de Shakespeare. Ni pantalonnade, ni bonbons à la cantharide. Pourtant il ne faut pas

(i) Les drames de M. A. de Lorde doivent être mis à part La Dormeuse est la meilleure pièce du genre et peut-on dire le modèle, parce qu'elle est la moins compliquée.

tout condamner impitoyablement. Quelques jeunes hommes autour de M. Maurice Magre ont organisé le théâtre des Poètes qui ne joua guère que des drames romantiques — un peu difïérents de ceux de M. Richepinet meilleurs. Grâce à une versification moins vaine, ils obtinrent certains effets heureux.

« Les Poètes » jouèrent l'Or de M. Magre, Imperia de M. J. Valmy-Baysse, La Peur d'Aimer de G. Fréjaville, Louis XVII de G. Fauchois, Le Matamore d'AmyYelde. Le théâtre de Maurice Magre continue le romantisme wagnérien, les autres pièces, toutes historiques — on le remarquera — ont des orientations différentes. Vlmpéria deJ. Valmy- Baysse tente une synthèse de la Renaissance Italienne, et se rapproche également du romantisme et du symboUsme. Le Louis X VII de Fauchois et Y Exode du même sont des pièces décidément bien mal écrites. Les deux autres marivaudages peuvent plaire à M. Mendès. L'entreprise de M. Magre a échoué mais elle a fait connaître des auteurs qui, malgré leur erreur initiale, comptent au nombre des réformateurs. M. Valmy-Baysse, auteur d'agréables poèmes, et dont on doit attendre de bonnes pièces a organisé au Théâtre-Trianon des récitations de poèmes précédées de conférences. MM. Payen et Vuillermoz l'avaient précédé par une initiative semblable. Un double courant nous éloigne du romantisme :

L La Renaissance du théâtre idéaliste et de la

tragédie, due à la renaissance du théâtre de plein air.

II. L'avènement de la tragédie moderne, la réalisation du tragique quotidien rêvé par les Goncourt(i).

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