ABANDON DU THÉISSIE PAR LES DISCIPLES DE KANT
définir. Soit pour l'homme, soit pour Dieu, elle n'oat plus qu'un mot : Dieu, comme infini, réclame l'illimitation de l'èlre, et à la fois l'intégralité ; et le moi individuel exige la limitation, si ce n'est qu'il s'anéantisse en perdant les attributs de l'intelligence. Le moi de Fichte reste toujours pour lui cet absolu qui, dans sa première doctrine a priori, tenait le double rôle de l'individuel et de l'universel. I^ liberté n'est que l'universelle spontanéité en ses divisions. Le retour à l'universel est la destinée ; le dévouement à l'universel doit être la loi. Le système demeure un monisme réel, dont le tort logique est de se donner pour le contraire de ce qu'il est.
Schelling suivit quelque temps les traces de Fichte, en interprétant par l'idée du moi absolu le fondement, inconnaissable, selon Kanl, de l'origine des phénomènes. Ensuite il remplaça par un terme plus abstrait ce moi, dont la thèse à titre universel laissait trop percer la réelle signification, individualiste, quoi qu'on fasse. Le terme que Schelling y substitua, sous la dénomination A'idertiité du stijei et de l'objet, rappelait le moi pur de Fichte, mais en lai donnant de suite son entière portée : c'était la substance intégrale des choses et leur cause immanente, Schelling absorba dans cette conception le Dieu infini, indivisible, immuable de la théologie. Il en retrancha les attributs de la personnalité. Tel est Vidéalisme ù-anscendanlal, qu'il proposa au lieu du pur idéalisme subjectif. On devait en atteindre la connaissance et la preuve par un acte d'intutiion intellectuelle capable de réaliser dans l'esprit cette science de la connaissance induement réclamée pourle moi de Fichte,
,Du principe de l'identité, comme d'une sorte de substance, Schelling faisait descendre à la fois la nature et l'esprit par une évolution unique en deux lignes
parallèles. Celait une manière de reprendre la méthode spinosiste du développement des attributs et modes de la substance, à cela près que, en place du rapport constant de deux ordres de phénomènes de la substance immuable, Schelling imaginait une double progression de nature naturante et naturée de cet être Universel lui-même. C'était une déformation de l'Ethique accommodée à la mode du progrès. Ce système de la nature avec ses développements physiques, œuvre nouvelle et brillante pour la tendance philosophique du moment, n'était pourtant qu'un réalisme naturaliste arbitraire, auquel on ne pouvait déjà trouver dans ce temps-là rien de scientifique pour le physicien ou le mathématicien. Schelling regardait le mouvement de l'esprit comme identique au mouvement de la natui-e: identique, mais différent, L'idenlicé des différents a son fondement dans l'Absolu; son développement lui-même est une identité des contraires. Comme dans la doctrine d'Heraclite d'Ephèse (V), l'opposition est en même temps l'union ; de la synthèse naissent les phénomènes. La liberté et la nécessité sont un seul et même attribut de tout être en sa production spontanée, à chaque moment de l'évolution ; et l'évolution est le devenir de Dieu, qui se termine à la personne humaine. C'est là que l'activité divine prend conscience de soi. C'est dans la Raison que se reconnaît, àl'avènemenl de l'homme, l'identité universelle où toutes choses ont leur origine et leur fin. La philosophie de Schelling a eu ce sens pour tous ceux qui ont pénétré, sous leur expression pompeuse, des idées qu'il avait des raisons que nul n'ignore de ne point formuler avec plus de clarté.
Le système de Hegel est essentiellement celui de Schelling; il atTecte seulement une forme dialectique de déduction qui lui est propre, avec une terminologie idéaliste toute nouvelle. Le principe est l'identification