‹ La nouvelle monadologieChapitre 154 sur 177 · LE POSITIVISME ÉVOLUTIOHISTE. H. SPENCER · texte numérisé non relu

LE POSITIVISME ÉVOLUTIOHISTE. H. SPENCER

étaient, non pas également démontrables, mais également inconcevables, quoique contradictoires l'une de l'autre, et qu'il fallait néanmoins, vu cette contradiction, que l'une fût vraie et l'autre fausse. En ce respect, d'ailleurs louable, du principe de contradiction, Hamilton n'oublia qu'une chose : c'est d'appliquer ce même principe au discernement des raisons qu'on met en avant, d'un côté, pour la thèse, de l'autre, pour l'antithèse (XXXIV) ; et il fit son choix par sentiment, indépendamment de la raison, là où la raison consultée ne pouvait, selon lui, conseiller que l'abstention du jugement. En ne la suivant pas, il fut obligé de croire le monde fondé sur des principes inconcevables, et, en lixant entre eux son choix en faveur de celle des deux branches des antinomies où siègent les attributs infinis de Dieu, il rendit, conformément d'ailleurs' aux errements théologiques, et contre son intention, la personnalité divine inintelligible.

H. Spencer procède de Hamilton en la partie métaphysique de ses principes, mais il se tient à l'Inconnaissable, et ne se croit pas forcé d'opter entre des inconcevables mutuellement contradictoires, ni de résoudre les contradictions. Ignorer lui suffit. Au-dessus du principe physique de la constitution du monde, et de la loi de son évolution, il fait régner l'Absolu, dont l'exislence est démontrée, suivant lui, par celle du Relatif (XXXIIl). Inconcevable par essence, l'Absolu répond à des modes d'être, inconcevablescomme lui, qui s'appellent Matière, Mouvement, Force, et sont des « symboles de la réalité inconnue ». L'Espace et le Temps, de même que la Matière, quand nous cherchons à pénétrer leur nature in* time, c'est à des absurdités que nous sommes conduits : il n'en faut pas moins les tenir pour des réalités, et les déclarer des objets pour nous d'une croyance invincible, dont l'explication rationnelle est hors d'atteinte. L'étude

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lumineuses, et semble devoir s'étendre à toutes les j sensations. »

« Telle est eût continué Comte, après cette leçon donnée à Spencer, lasignilication scientifique, ou positive, de la théorie cartésienne, ou mécanique, de la physique générale. Imaginer, au lieu de cela, que les sensations et les idées sont de ia force transformée; que « lesforcesphysiques subisseiitdes métamorphoses » ; que « les modeià de l'Inconnaissable que nous appelons mouvement, chaleur, lumière, etc., sont transformables les uns dans les autres et dans ces modes de l'Inconnaissable que nous distinguons comme sensations, émotions, pensées, lesquels à leur tour sont retransformables en leurs i'ormes originelles », c'est, sous ces noms de forces, modes ou formes, donnés à des phénomènes, restaurer les essences, les entités, et sortir des voies positives où la science est entrée ii y a trois siècles. La découverte de Véçuivaknt mécanique de la chaleur est une belle confirmation de ma loi des trois états. Je vous engage à la méditer :

« En l'état théologique, les hommes se représentaient chaque corps planétaire comme guidé par un dieu qui lui faisait parcourir dans l'espace un cercle parfait. Aristote lui-même a cru cela, et Kepler encore, remplaçant seulement le dieu par un ange et la sphère par une ellipse.

<f En l'éiat métaphysique, les savants ont personnifié les forces, entités du genre abstrait, Cçiuses transitives, par [lesquelles ils ont imaginé, comme vous, que les mobiles devaient être informés, grâce à la communication du mouvement, et tout le temps qu'ils le gai'dent.

« En l'état positif, aujourd'liuî, nous savons que le mouvement lui-même, ses lois, ses fonctions et fonctions de fonctions constituent tout ce que l'intelligence

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