‹ La nouvelle monadologieChapitre 165 sur 177 · DE L'ÉTAT ACTUEL DE LA PHILOSOPHIE EN FRANGE · texte numérisé non relu

DE L'ÉTAT ACTUEL DE LA PHILOSOPHIE EN FRANGE

percevoir directement les actes mentais produits en rapport avec un autre moi que le sien, La vue générale du monde extérieur le fait apparaître comme un assemblage d'êtres, les uns organisés, les autres non, et ceux-ci matériellement plus étendus et nécessaires pour la vie des premiers, mais tous donnés en des relations de causalitéextrômeraent complexes, etde telle manière que le moi est dans on état de limitation et de dépendance sons tous les rapports; il n'a d'assuré et bien à lui que la conscience actuelle de ce qu'il sent, il se trouve de toutes paris incertain et borné dans les connaissances qu'il peut atteindre des choses, et dans l'action qu'il peut exercer sur elles, et enfin dominé et écrasé par leur développement irrésistible.

yi. L'induction de l'amë, — L'extrême limitation des puissances du moi, opposée à la force du sentiment qu'il a de son être et de sa vie, et à l'énergie de sa projection extérieure d'intelligence et de volonté, nous ramène à la question de son existence. Si son existence n'est que la synthèse empirique, ci-dessus définie, la seule certaine, des phénomènes d'une pensée modifiée et plus ou moins prolongée dans le temps; si elle n'ade valeur que celle du fait de conscience répété et varié, dont le terme est marqué par d'autres phénomènes, elle n'est pas d'une importance appréciable pour le monde, et elle s'annihile d'clle-môme en ce qui touche l'individu. Car l'universalité qui ne conserve pas les individualités qu'elle produit exclut l'individualité en principe et comme fm. L'individu lui-même, s'il se rend compte de ce que son être est dans cette hypothèse, comparativement à ce qu'en est l'idée conçue simple et sans limites, est obligé de conclure qu'il n'est théoriquement rien, une sensation qui fuit.

Mais si la synthèse des phénomènes du moi est re-

LE NËOCRITICISME 4M

gardée comme une loi de ces phénomènes qui, pour chacune des consciences individuelles, doit se perpétuer dans le temps sans jamais trouver sa borne dans les formes organiques qui lui sont actuellement liées, et dans leurs révolutions possibles, l'espèce d'induc- ' tion par laquelle on passe ainsi de l'idée de la synthèse empirique à l'idée et à la croyance d'une fonction constituée apriori, ou à l'origine des choses, est à proprement parler la déûuition de l'âme. Nous n'avons point un autre concept que celui-là de Videntité et de la permanence du moi, termes consacrés pour son explication et ce concept est le même et le seut qui répond, dans l'entendement, an nom de atibstance, donné à la pensée pour l'interprétation réaliste du mot sum, dans la formule Cogito ergo sum, quels que soient ou le terme abstrait ou l'image auxquels on a recours pour représenter Vâme.

Les questions de la distinction de l'âme et du corps, et de rimmoi"talité de l'âme, sont tranchées par l'indépendance du concept de l'âme ainsi déiinie, sans qu'il soil touché à celle du rapport de l'âme à l'organisme, non plus qu'aux lois qu'une croyance rationnelle peut envisager comme possibles pour rattacher à la permanence de cette fonction qui est l'âme une vie individuelle, dont la mort, phénomène de notre monde de l'expérience, ne trouble pas la perpétuité.

VII. L'induction de l'être parfait et le principe de la CAUSE ÉMi>EiSTË, — .C'est d'une souveraine croyance rationnelle à l'Un et au Bien comme fondement du monde quant à l'Essence (termes pktohiciens) que dépend l'idée de l'Être parfait, c'est-à-dire doué (aux termes de Descartes) de toutes les perfections dont nous avons ridée, sans comprendre d'où nous pouvons la tenir, si ce n'est de cet être lui-même. Sous l'aspect de la eau-

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