KS DE L'ÉTAT ACTIJEL DE LA PHILOSOPHIE EN FRANCE
salité, l'idée passe du sens de l'être au sens de l'action ; Descartes pose en principe que toute perfection donnée objectivement, ou par représentation, dansnosidécs, confornK-menl àleurnature propre, doitexîs!er/o)'nie//CT}ie«( et en effet dans les causes de ces idées, conformément à la leur, et qu'ainsi il faut arriver à une cause première qui soit le patron de toutes. A ce point de vue, on peut penser que l'existence et la cause ne sont, en l'acception la [ Ws générale, autre chose que ce que Vide'e de la perfection implique ; et l'ai^ument ontologique {XXVI) se montre spécieux en son inévitable pétition de principe. Le principe est au fond le m&me dont une intéressante formule a été opposée, de notre temps, au matérialisme, et aurait dû élre, quoique elle ne l'ait pas été pour son auteur, une expression de ia foi rationnelle en Dieu : Le supérieur seul explique l'inférieur. Quand elle s'aflirmc en se donnant formellement pour objet la personnalité divine comme Descartes l'entendait, qui ne pensait point à l'existence des idées produites par la cause première, autrement que comme à l'existence de l'Intelligence parfaite dont elles sont les modes originaux, et de la souveraine volonté qui les donne pour lois au monde, cette foi rationnelle conclut la doctrine de la création.
VIII. La cbkation. — Là s'arrtMcnt les principes auxquels le néocriticismc aurait pu, à son début, se rattacher aussi bien ou mieux qu'il le fit à Kant sous d'autres rapports. Sa position, pour les deux cas, aurait été ia même, c'est-à-dire que la question de l'infini et de la nature éternelle et nécessaire, thèses oppo^i'esàcellcs delà liberté et du pur premier commencement des phénomènes, et puis la question de la toute-puissance divine et de l'immanence de la cause créatrice dans le monde, thèses opposées à celle de la réelle extériorité du monde
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par rapport à Dieu, auraient suscité des deux côtés les mêmes difficultés, et exigé des vues nouvelles pour être résolues. Descartes, à raison de ce qu'il conservait de l'absolutisme théologique, et qui ne fit que se déclarer plus fortement dans son école, et Kant par l'ensemble de sa métaphysique, en dehors du criticisme proprement dit et des postulats de la raison pratique, tombaient dans les doctrines de l'infini et de la nécessité. Le néocriticisme était, au contraire, et du tout premier abord, fixé sur les principes de relativité et de liberté.
Nonobstant ces derniers points, bien arrêtés, le néocriticisme, au début, en posant la pensée avec la personnalité comme le principe du monde, en rejetant tout infini actuel et l'éternelle nécessité comme inconciliables avec la logique du relatif et des concepts, et en posant par suite, hardiment, la thèse du premier commencement des phénomènes, ne se prononçait pas sur le principe de la divine unité de conscience à l'origine des choses. Il semblait que l'hypothèse d'une pluralité de consciences fdt également admissible, en tant que premier terme, en soi multiple, de l'existence k envisager pour notre connaissance, là ou la question est de^ poser la condition de la connaissance et non de définir ce qu'il >j aurait à connaître. C'était donc la négation de la création proprement dite, c nihilo, comme notion étrangère à l'entendement, non moins qu'à toute expérience imaginable. Mais cette question de l'unité, qui a toujours été regardée comme difficile en théologie rationnelle, fut éclaircie, dans le développement ultérieur du néocriticisme, par la considération idéaliste de l'unité des lois de l'esprit, qui, identique à l'unité des lois dans le monde, implique l'unité de l'esprit lui-même dont le monde est l'œuvre, et, de là, par induction, l'unité de conscience première. C'est
tu DE LÉTAT ACTUEL D
'd'une application du ] sort la démonstration.
Le point do vue logi même, la doctrine de l'obligation logique d camuse premif're, comme ment que dans son n surplus comme la lin terme initial que l'esp <juer. C'est seulement
l'homme, en des idées toutes de relation, que s'expriment, en tant qu'intelligibles, les attributs de Dieu, et tout concept défini qu'il nous est donné de nous former de lui ou de son essence.
Toutes les thèses que- le néocriticisme a soutenues sont descendues progressivement des deux théories fondamentales, celle du principe de relativité, qui a pour application ie système des catégories : Qualité Quantité, Position Succession, Devenir, Finalité, Cntt- YzV^, toutes subsumées sous la Relation dans l'ordre abs-i trait, et sous [a. Personnalité, dans le concret; et celle du principe de limitation, qui, étroitement lié au précédent par le principe logique de contradiction, interdit l'attribution de la réalité à tout sujet qui serait conçu comme un composé de modes, qualités, parties ou moments distincts, en nombre à la fois infini, interminable, et actuellement acquis ou donné en toutes ses unités. A la suite de ces principes est venue la critique négative de la substance des métaphysiciens, «n tant que terme abstrait faussement réalisé, support fictif de phénomènes, qui devrait exister sans avoir ni qualités ni action quelconque définissant ce qu'il est en soi; et puis la démonstration de l'impossibilité de l'étendue en soi, et de la substance matérielle des corps, si on la considérait comme quelque chose de
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donné en sus des éléments et des propriétés sensibles des corps eux-mômes; car il fallait, en ce cas, l'admettre comme douée de la propriété que réclame sa définition, c'est-à-dire toujours divisible en parties homogènes sans fin : et les corps seraient alors des composés infinis actuels, ce qui est contradictoire. Cette théorie, étendue à la réfutation de l'éternité antécédente des moments d'une existence donnée et écoulée dans le temps, était une nouveauté en philosophie, et de grande conséquence contre les systèmes transcendants ou transcendantaux de l'existence iniinie, et venait à l'appui d'un concept de la personnalité de Dieu, intelligible et réelle.
La doctrine d'où partent ainsi à la fois pour constituer la méthode, et pour établir les thèses de la plus grande portée, la logique, la psychologie et la métaphysique unies et inséparables, cette doctrine est essentiellement Vidéalisme, et ce nom d'idéalisme est celui qui convient à la critique de la représentation mentale et à ses conséquences, exposées dans le premier des Essais de critique générale, ouvrage publié à une époque où toute philosophie en France, de quelque source qu'elle vint, était dans la dépendance de principes contraires et repoussait formellement le sien.
Cet idéalisme n'était point celui qui délie et dissout les idées et n'en veut connaître les éléments de composition qu'à l'état de phénomènes dont il se déclare incapable de refaire des synthèses. 11 n'était pas davantage . celui qui prend pour idées fondamentales des termes généraux abstraits, et au fond très complexes, qu'il réalise et qu'il investit de la fonction de principes ou causes premières de l'univers. C'était un idéalisme qui ne sépare point les phénomènes des lois par lesquelles s'opèrent les synthèses, et qui les fait remonter tous, par l'intermédiaire de leurs lois, à la conscience, syn-