DU L-KTAT ACTUEL DE LA PHILOSOPHIE EN FRANCE
thf-sc suprême, quand elle est considérée dans la personnalité, son degro éminent. Mais les deux autres méthodes connûtes de l'idt^alisme possèdent avec celle-ci une vérité commune : la réduction di; la connaissance à son sujet mental, bien ou mal consulté et înterpi'été d'ailleurs, et cette vérité était devenue étrangère aux penseurs français, depuis qu'ils s'étaient faits les disciples de Locke en psychologie.
La notion commune d'une matière indépendante de toute représentation, et la croyance en une faculté de rstrc conscient, la perception sensible, qui nous donnerait la certitude de fait de l'existence réelle ou en soi d'une telle matière, étaient universellement reçues, que ce fût dans le spiritualisme traditionnel, théologique, ou dans l'éclectisme, et môme dans le vague panthéisme importé d'Allemagne, ou que ce fût dans le matérialisme et dans le positivisme, qui en tenaient la thèse des idéologues. Les principaux systèmes issus du criticisme Kantien n'avaient pu faire école en France pour rien de plus que pour la propagation de l'esprit panthéiste et fataliste. Les analyses psychologiques de Berkeley et de Hume n'y avaient été qu'à peine connues, et incomprises, tandis que la psychologie de l'école écossaise, réaction contre l'idéalisme de ces philosophes, y avait été introduite pour le service de la réaction spiritualiste contre la philosophie du xviii' siècle. Une théorie de la « perception de la matière » s'offrait ainsi sans être associée à la doctrine matérialiste dont l'école idéologique accompagnait au fond sa démonstration de . la môme thèse.
Un penseur sorti de celte école et qui y gardait des racines réalistes en s'en éloignant par le sentiment, Maine de Biran essayait, vers le même temps de réaliser la volonté comme force par nous suscitée, dont nous aurions simultanément la pensée et la perception ex
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terne, avec la t^ertîtude de son action en tant que cause transitive opérant le mouvement dans les organes; et cette tiiéorie était vantée dans l'école éclectique comme une tcuvre éminente venant >< à la suite de Leibniz » établir dans ses droits le principe d'activité de l'esprit.
La tentative de Théodore Jouffroy de traiter la psychologie par la méthode des sciences naturelles, pour de là s'élever par induction aux vérités métaphysiques (L) se rattachait à l'école écossaise par la théorie de la perception externe, non moins que par celle des « facultés de l'âme » étudiées comme des qualités indépendantes, sans lien et sans unité. Heid, inventeur de cette méthode et auteur d'une réaction systématique contre l'idéalisme, à la fois de l'école cartésienne et de l'école empiriste anglaise, et, après lui, Dugald Stewart s'appliquèrent à remplacer les synthf^ses, les connexions d'idées, que Hume renonçait à justifier, par renumération et la description empirique des fonctions intellectuelles, sans aucune classification qui put paraître scientifique et rendît compte des rapports qu'elles soutiennent entre elles, ou de la nature de l'ensemble qu'elles constituent en s'unissanl. Car ces philosophes comptaient la mémoire, sans laquelle aucune autre n'est possible, et même la conscience, au nombre de ces facultés, dès lors aussi impropres à composer une substance de l'Esprit que l'étaient aux yeux de Hume, et que devaient l'être plus tard aux yeux de Stuart Mill, les perceptions distinctes et existences distinctes du premier, ou les séries de sentiments du second, qui, pour ôlrc la conscience, auraient à se connaître en tant que si-nes (XXXH et XLIV).
C'est par une telle méthode que ces enipiristes d'un nouveau genre s'imaginaient enseigner la véritable constitution de l'esprit aux philosophes égarés à la suite de