‹ La nouvelle monadologieChapitre 36 sur 177 · PYRRHON, STOÏCIENS. ÉPICURIENS. ACADÉMICIENS · texte numérisé non relu

PYRRHON, STOÏCIENS. ÉPICURIENS. ACADÉMICIENS

crainte. Elle nous défend de suivre librement nos goûts. Elle donne la formule du tempérament épicurien : un composé d'égoïsme, pour éviter le mal provenant de liaisons et d'obligations contractées, et â'ataraxie pour faire face aux maux inévitables. L'ataraxie, ou la tranquillité de l'âme, qui en est la forme adoucie, sont des préceptes, difticiles à suivre, qui conviennent mieux au stoïcisme. L'égoïsme est loin d'être une source de plaisirs. L'enseignement "épicurien, quand il est accueilli par une âme noble, la porte à un jugement pessimiste de la valeur de la vie à cause de la vanité de la fin qu'il y assigne. En regard des épicuriens qui altérèrent bassement la pensée du maître sur la fin de plaisir, il faut mettre lecyrénaîque Hégésias, qui substitua le conseil du suicide à la poursuite du bonheur îuaccessible, et qui fut surnommé Conseille-la-mort (TOio-iSàva-coî). H eut des disciples aussi ; mais la preuve décisive des sentiments d'amertume et de tristesse inspirés par la méditation d'un épicurisme approfondi, sur le fond de la vie et des passions, est écrite dans l'œuvre du poète sublime qui opposa la réalité de la mort éternelle aux illusions d'une vie mortelle. C'est une doctrine pessimiste par ellemême, que celle qui se condamne à trouver le bonheur de l'individu dans l'affranchissement du devoir et dans la répudiation des croyances auxquelles tiennent, à côté des craintes, tes hautes espérances ouvertes à la raison humaine; car elle ne peut rien sur les lois et les liens infrangibles de la nature et de la société, sur la solidarité du mal, sur les accidents dont presque toute la vie de chacun est faite. Le hasard substitué au destin laisse toujours plus de mauxà prévoir qu'il n'apporte de biens assurés, et ses sectateurs s'interdisent volontairement dans leur dogmatisme les espérances, si ce ne sont que des espérances, que leur permettent d'autres doctrines. Pour soutenir en sa plus grande généralité la thèse de

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