LE SYSTÈME DUS IITPOSTASES DANS LK CHRISTIANISME )5Î
que les religions avaient toutes et toujours assez défini en regardant les ij'i-'ux comme doués de connaissance et de volonté. D'une autre pari, l'incarnation du Lo(fos était le recul de la foi judaïque îi une mythologie debas ordre.
S'il se fût agi d'une franche mythologie, telle que le vichnouisrae avec ses avatars, ou le vieux polythéisme hellénique avec ses métamorphoses, l'idée de l'incarnation n'aurait point créé d'embarras. Mais, pour le, christianismi;, issu théologiquement du judaïsme, il était également difiicile de comprendre l'union de l'être de Dieu avec un corps borné et misérable, le passage de l'un dans l'autre, ou d'avouer qu'il ne fallaif entendre la chose qu'au sens (iguré. On crut, dans une certaine secte, que l'auteur de l'Évangile selon Jean n'avait voulu attribuer au Logos, venu parmi les siens, les fils de IHeu, les amis de la Lumière, que l'apparence d'un corps humain. Et après qu'il eut été convenu que le Logos était venu au monde en une vraie chair d'homme [caro factitm est), la question logique demeura sourdement insoluble. Un docteur scolastique célèbre, le Mailre de sentences, au cœur du moyen âge, demandait, naïvement peut-être, comment on devait entendre ces expressions orthodoxes : Dieu a été fait homme, le fi/s de Dieu a été fait fils de l'homme ? Est-ce qu'il se peut que Dieu ait été fait quelque chose ?
Le mot \s.i\n persona s'était étendu peu à peu de l'idée de masque à l'idée de rôle, ou de personnage tenant un l'Ole, et, de celle-ci, à l'acception devenue commune de personne. Ce dernier sens existait déjà au ii' siècle et l'ut employé par les jurisconsultes, dans la suite, pour désigner l'agent, par opposition à l'action ou à la chose faite. Il n'y eût eu rien de plus simple, puisqu'on professait le monothéisme, que de regarder les hypostases définies par les philosophes émanatistes comme les
IH LE NÉOPLATONISME Clm^'TlEN
noms des attributs principaux du dieu unique el criïa^ leur; mais il fallait on ce cas définit" la divinité du Christ, non cOmrae l'identité avec Dieu par consubstantialion, mais comme la participation aux attributs, ou sous quelque mode du genre de ceux dont le prophét isme juif s'était servi pour se représenter la personne du Messie dans le plan du monde, dès son origine [à la droite de Dieu, en termes symboliques usités). Cette doctrine, logiquement défendable, no put prévaloir sur le fanatisme. D'un autre côte, l'attribut de la personnalité ne pouvait pas, pour les chrétiens, se détacher de la notion d'iiypostase, parce que le Fils, unissant la na/î(wAw«iain«àlana/we(fiw'ne, devait nécessairement posséder, à titre d'homme, la conscience personnelle. En outre, l'idée du Père s'éloignait trop peu de celle de Dieu absolument parlant, et elle était trop personnalisée par la forme consacrée du dogme de la rédemption, suivant laquelle le P^re commandait au Fils (ou acceptait du Fils) le sacrifice requis pour le salut des hommes, pour qu'il fût possible de réduire la première hypostase, plus que la seconde, à l'i m personnalité. Ne pouvant donc ni renier le monothéisme, ni éviter de personnifier les hypostases, les évèques fondateurs du dogme diécrétèrent une théorie d'après laquelle Dieu, l'Eternel, qui était une personne, devait être uni substantiellement à une autre personne, éternellement engendrée par elle, et ne formant qu'un seul et même dieu avec elle, et si différente d'elle, cependant, qu'elle devait se faire homme, et subir le dernier supplice en qualité d'homme, sans que la première personne, sa consubstanticlle, reçut aucune atteinte en son immutabilité. Cette étrange conception, imaginée tout exprès pour être un mystère, comme ces docteurs la nommèrent, humainement irrévélable, dut à son tour donner l'entrée, par voie de procession, fot-il dit cette fois, et non plus
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