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LE PANTHÉISME THÉOLOG[QUE

de rentrer en d'autres voies de spéculation ouvertes par les anciens, et ce fut un progrès pour la critique, mais sans profit pour le renouvellement des idées. Les deux doctrines les plus populaires, les deux sectes capitales du monde antique, l'épicurisme, le stoïcisme, ne pouvaient se prêter à une restauration autre que d'érudition et d'histoire des idées; le premier, parce que si l'on ôtait, et il le fallait bien, la négation formelle de la Providence et de la vie future, il n'y restait d'intéressant que la physique atomîstique, système demeuré aussi arbitraire en ses explications qu'il l'avait été au temps d'Epicure, et dont la méthode des sciences expérimentales commençantes, au xvi° siècle, était encore fort éloignée; le second, parce que la physique transformiste et évolutionisle des stoïciens avait un caractère encore moins scientifique, en son histoire spéculative de formes et des opérations du Feu artiste, que l'atomisme des épicuriens , dans ses hypothèses sur les figures et le mouvement des atomes en rapport avec les propriétés des corps. La forme matérielle de l'immanence divine dans le monde ne pouvait trouver aucun appui du côté de la science et de l'histoire des phénomènes. La tendance matérialiste, en philosophie, pour ce qui concerne la théorie du cosmos, dut remonter plus haut que Zenon et Epicure, et jusqu'à une doctrine physique, d'origine éléatique, proposée en son temps à titre d'explication des apparences du monde empirique. Telesio s'illustra comme novateur en renouvelant la doctrine des phénomènes de Parménide, parce qu'il s'éloignait ainsi le plus possible de l'aristotëlisme et du platonisme, Bacon put l'appeler le premier des hommes nouveaux. Mais, pas plus que Bacon, Telesio n'entendait nier Dieu et la création. Le dogme officiel soutenait avec sa physique un rapport analogue à celui de l'Être pur avec la physique de Parménide.

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