LE PTRRHONISME DE PASCAL
délicats et nombreux, qu'on ne démontre pas ; car « ce serait une chose inSnie de l'entreprendre... on les sent plutôt qu'on les voit », C'est pour ceux-là qu'il rëclame du penseur un certain esprit de finesse, qu'il oppose à Fesprit géométrique, applicable, celui-ci, « aux principes nets et grossiers », D'un autre côté, il consacre une partie importante des pensées, qu'il prépare pour une apologétique projetée, à rappeler ces ^n?!/re5, classiques dans l'espèce, de la révélation, qu'on a coutume de demander au miracle et à la prophétie. Là, il se montre à nous sous un aspect de crédulité et de manque de critique qui peut paraître étonnant, même pour son époque, chez un tel penseur. Dans toutcela, Pascal semble fort loin du scepticisme. Il sent cependant, en qualité de géomètre, et en qualité d'observateur aussi, car il connaît l'état d'esprit des libres penseurs de son temps, qu'il ne dispose pas d'une démonstration, et que le moyen lui manque de forcer décidément la conviction en faveur de la foi catholique.
Nous arrivons à un point de la question de l'apologétique et du scepticisme, où Pascal serre de près ce qu'il faudrait appeler la démonstration de la foi par le doute, ou, plus exactement, d'une vérité par son inintelligibilité, qui, pour un esprit ordinaire, serait plutôt la plus topique raison de la croire fausse. Pascal était l'un ■ des géomètres de son temps qui touchaient à la découverte de cette méthode générale d'analyse des rapports des quantités variables indéliniment décroissantes, à l'aide de laquelle on obtint la solution de problèmes dont l'étude synthétique des relations géométriques n'ouvrait pas l'entrée. Mais Pascal ne regardait pas simplement la division indéfinie de la quantité comme le point de vue mathématique coiTect à faire porter sur l'intuition sensible du continu (espace ou temps), et les divisions inhaitésimales comme des auxiliaires.