‹ La nouvelle monadologieChapitre 77 sur 177 · LE PYRRHONISHE DE PASCAL · texte numérisé non relu

LE PYRRHONISHE DE PASCAL

de la doctrine de l'Eglise? Ce serait donc sortir de la question que d'examiner cette dernière, pour savoir si nous agirions raisonnablement en acceptant le pari dans les termes posés par l'Eglise.

Il n'en serait pas de même d'un pari moral, tel qu'en ont accepti? la donnée des philosophes, Locke, Rousseau, qui n'ont gardé de l'idée mathématique du hasard en pareille matière que la thèse, à titre de possibilité, mais sans preuves, d'un état de la personne, après la mort, en des conditions de vie dépendantes de sa conduite en la vie actuelle. Au lieu du dogme et du culte d'une Eglise pris pour déterminer la conduite à laquelle s'attache l'espoir de la vie bienheureuse, ils ont alors envisagé ou la loi morale, avec le caractère d'obligation par lequel elle se témoigne à la conscience, ou la croyance naturelle au bien moral dans l'univers et au rapport de la conduite avec la destinée heureuse ou malheureuse. Il a été permis à ces philosophes d'ajouter le désir du bonheur, dont une espèce inférieure prend le nom d'intérêt, aux motifs de sentiment et de raisoti qui portent l'homme à l'observation de la justice.

L'examen àvt pari de Pascal démontre l'irralionnalité de la méthode demandée à l'aveu du scepticisme pour aller à la foi. Il dévoile le cercle vicieux qui consiste à chercher dans l'intérêt un motif de s'assujettir à des pratiques et de se forcer à une croyance réputée avantageuse pour une vie future, au cas où cet intérêt serait véritable, alors que l'on ne peut évidemment songer à recourir à de tels moyens que dans la mesure où l'on peut déjà croire à l'efficacité de ces pratiques. Croyance pour croyance, il y avait un moyen plus simple, si le fanatisme catholique n'y cftt mis obstacle, de donner à l'esprit sceptique la juste satisfaction exigée par l'impossibilité de démontrer les premiers principes de la connaissance ; c'était de les poser eux-

"~. LK PANTHÉISME THEOLOGIQDE

ômes à titre de croyance primordiale à la tête d'une lilosophie rationnelle. Pascal lui-même les reconlissait et réclamait pour eux la foi du cœur : « La nnaissance des premiers principes, comme qu'il y a pace, temps, nombres, est aussi fenne qu'aucune : celles que nos raisonnements nous donnent. Et c'est r ces connaissances du cœur et de l'instinct qu'il ut que la raison s'appuie et qu'elle y fonde tout son scours. Les principes se sentent. » — Et puis : « La )Ionté est un des principaux organes de la créance. » restait seulement à discerner les principes, à nomer le premier de tous, à le suivre dans ses consélences logiques, à lui rattacher autant que possible î souveraines vérilês de la raison, l'ordre du monde telligible. Celle philosophie synthétique fut l'œuvre : Descartes, et son vrai fondement fut bien iacroyance tionnelle ; car Vrvidence n'est qu'un mot. Si Descartes, définissant le principe irrécusable, :terprétant le caractère logique qui lui est propre, et ilui auquel il doit sa fécondité, eût nommé lois de ■nlendement les concepts principaux qu'il y rattachait, foi rationnelle, aulieu d'évidence, leur ultime fondecnl mental, Descartes, se fût montré sous l'aspecl d'un éologien, non d'un philosophe, à ses contemporains coutumes à n'employer l'organe de fa foi que pour 1 qui est inintelligible. Cependant, quand du cogUo, I sens empirique, ou phénoménisle, on passe au sum, ibslantialiste, sans pouvoir fournir de Vergo une slifîcation logique, on ne peut s'appuyer que sur une oyance dont l'objet réel est la permanence du moi entique, ou conscience de la personne ; et peut-être îscartes donnait-il secrètement ce sens à l'afhrmattou un lien dont il ne pouvait rendre un compte satisisant, et de quelques autres principes dont il regar- ,it l'évidence comme du même ordre que celle-là. (LII),

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