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LA PRONONCIATION, BASE DE L'ORTHOGRAPHE

Si l'orthographe actuelle présente le spectacle de tant d'inconséquences et de contradictions, c'est qu'elle a été détournée de sa destination, c'est qu'au lieu de l'affecter exclusivement à la peinture de la parole, c'est-à-dire des sons français, on a voulu lui faire jouer un autre rôle incompatible avec celui-là^ en la rendant témoin des origines de la langue, en la défigurant par l'introduction de lettres grecques et latines ; en sorte qu'elle est devenue le théâtre de deux principes éternellement en discorde, l'étymologie et la prononciation. De ces deux principes celui-là doit disparaître, qui a usurpé la place et n'est qu'un intrus. A ce prix seulement on rétablira l'ordre.

Désormais donc l'orthographe n'aura qu'un objet : représenter la prononciation. Et ce n'est pas là seulement une nécessité imposée par la logique, c'est une loi de simple bon sens. Puisqu'on prononce dixième avec un z comme dizaine^ le bon sens veut qu'on écrive dizième ; puisqu'on prononce geôlier comme jovial, le bon sens demande qu'on l'écrive ^o, non geo comme géométrie ; de même écho doit s'écrire sans hy cemme écolier ^ non avec h comme échoppe, A qui

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l'idée viendra-t-ellc jamais, s'il n'a pas la préoccupalion de Tétymologie, s'il n'a d autre souci que d'écrire sa propre langue, de mettre un p dans baptême et un g dans signet ? Il faut écrire comme on prononce, voilà ce que demandent et la logique et le bon sens(l).

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