RAPPORT ADRESSÉ PAR M. GRÉARD A L ACADÉMIE FRANÇAISE
L'Académie française n'est point restée sourde à rappel que lui a adressé, en 1889, par voie de pétition, le public lettré. L'un de ses membres, M. Gréard, dans la séance du 26 janvier 1893, lui a présenté, au nom
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de la commission du Dictionnaire, un rapport tendaul à l'adoption d'un certain nombre de modifications orthographiques.
Dans ce rapport, ou plutôt, pour l'appeler du nom trop modeste que Tauteur lui a donné, dans celle « note » (1), où l'érudition se pare de tous les agréments du style, et où la raison parle un langage à la fois hardi et prudent, M. Gréard expose les motifs qui doivent déterminer l'Académie à adopter des changements dans notre orthographe. Les principaux de ces motifs, c'est d'abord la protestation du bon sens contre les anomalies de l'orthographe actuelle ; c'est ensuite la nécessité qu'il y a aujourd'hui de mettre cette orthographe à la portée, non plus, comme autrefois, d'une élite peu nombreuse, mais de la nation tout entière, puisque « des milliers de maîtres l'enseignent à des millions d'enfants »; c'est enfin l'obligation que l'Académie doit s'imposer à elle-même de rester fidèle à ses traditions, en donnant satisfaction, sur ce point, au vœu public.
Ces considérations théoriques et historiques une fois développées, M. Gréard en arrive aux conclusions pratiques dont il propose l'adoption à l'illustre compagnie.
Ces conclusions, nous les résumons ci-dessous, autant du moins qu'on peut résumer, sans la déformer, une œuvre d'art, où chaque détail, artistement nuancé et fondu dans l'ensemble, perd son charme et souv(îrit même sa physionomie vraie, sitôt qu'on le détache dc^ son milieu. Et, pour qu'on voie mieux la conformité <ie ces propositions avec nos principes, nous les rapportons aux deux divisions que nous avons adoptées partout dans le cours de cet ouvrage, l'orthographe d'usage et l'orthographe de règles :
1. Note présentée à la commission du Dictionnaire de rAca'lémie française.