‹ La Nouvelle OrthographeChapitre 5 sur 44 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

exercés à lire un décalque de la prononciation? si les générations qui vont naître ne trouveront pas tout naturel le miracle du phonétisme automatique, comme nous trouvons tout simple le miracle de la photographiée Mais je m'en voudrais de taquiner des esprits craintifs, qui ont besoin de ménagements. Je remets le diable dans la boîte du phonographe. S'il en sort pour de bon, ce sera la faute de la physique et non la mienne.

Ce n'est pas le phonétisme absolu qui est en question aujourd'hui, à propos de quelques rectifications d'orthographe réclamées par un bon sens élémentaire. Ce n'est ni une orthographe physique, ni une orthographe indoue, que prétend recommander le travail consciencieux, modéré et pondéré, à la fois hardi et prudent de M. Renard. Nous ne demandons pas qu'on fasse table rase du passé ; au contraire, car l'étude du passé est notre force, et on ne peut raisonner contre les progrès orthographiques qu'à la condition d'ignorer le passé ou de le méconnaître.

Il ne s'agit pas de créer tout d'une venue un volapuk orthographique. Il s'agit de modifier l'orthographe existante, avec fermeté et avec discernement, comme ont été modifiées tant de fois les orthographes antérieures. Il s'agit de régulariser, comme ont régularisé nos pères du dix-huitième siècle, et avant eux, nos pères du dix-septième. Il s'agit de simplifier, — avec vigueur si nous sommes capables de vigueur, — comme aurait voulu simplifier Sainte- Beuve, et comme avaient simplifié effectivement nos classiques les plus illustres. Il s'agit d'écheniller la forme rythme, aux approches de l'an 1900, comme a été échenillée en 1878 la forme rhythme par deux A.

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