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VIII PRÉFACE

Il s'agit non pas d'oublier la glorieuse littérature de la France, et de briser avec elle d'une façon impie, mais, tout au rebours, d'en renouer les plus saines et les plus constantes traditions, et d'en évoquer hautement, fallût-il s'exposer aux sarcasmes de la basse presse, les plus honorables et les plus encourageants souvenirs.

En un mot, il s'agit de faire faire au plionétisme un nouveau pas, non seulement d'accord avec la raison abstraite, qui ne peut pas ne pas être phonétiste, mais aussi d'accord avec les précédents, qui l'ont tous été depuis que la France a commencé à fixer sa langue littéraire.

Le phonétisme n'est pas, comme on l'a prétendu et comme on le répète tous les jours, la même chose que l'individualisme ou le régionalisme. Nos amuseurs de profession plaisantent galamment ce qu'ils donnent pour « l'orthographe phonétique », c'est-à-dire un système de leur invention, d'après lequel un Marseillais-type devra écrire ma sannté^ et un Auvergnattype ma chanté. Pour trouver ces drôleries, il faut évidemment avoir un esprit très fin ; pour oser les imprimer, il faut peut-être en attribuer un moins fin à ses lecteurs.

L'orthographe phonétique, comme toute orthographe, est par définition une chose impersonnelle et commune à tous. Une « orthographe individuelle » ne serait plus une orthographe, pas plus que Varmée purement civile de M. Cardinal ne serait une armée. Notre orthographe d'ailleurs, si universelle et si unitaire, et qu'observent avec tant de soumission les Français, les Genevois, les Belges et les Canadiens, est

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