‹ La Nouvelle OrthographeChapitre 8 sur 44 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

Pour fixer l'orthodoxie de la prononciation, TAcacadémie française est en possession d'une compétence parfaite. Rien ne Toblige à trancher tout de suite les quelques problèmes qui sont actuellement douteux, et qui d'ailleurs sont très rares. Sur des milliers de points de fait, toute discussion est impossible. Personne ne contestera qu'on prononce téatre sans h; honeur par une seule n, comme honorer; rhaie et sujète pur un seul /, comme plate et secrète ; seur et beuf sans o, comme peur et neuf; pront sans p, pois sans d^ vint sans g, clé sans /, (issoir sans e, pan et fan sans 0. Personne non plus ne prétendra entendre dans philosophe une autre consonne que dans filoselle^ ni dans mystère, qui s'écrit par un y, une autre voyelle que dans cristal^ autrefois crystaL

D'une façon générale, il est aisé de noter dans tous ses traits essentiels la bonne prononciation, ce que les gens du métier appellent l'oHAoépie. C'est à Vorthoépie d'orienter Vorthographe,

L'orthoépie est une règle, une morale du parler : l'orthographe est une règle et une morale de l'écriture : elles peuvent, et par conséquent elles doivent, se fortifier, s'appuyer, s'éclairer l'une l'autre. Une étroite entente entre ces deux règles, entre ces deux morales, voilà ce que réclame aujourd'hui le phonétisme. Il y a loin de là à ce qu'on lui impute si étourdiment, de demander et de préparer le régime du caprice, l'initiative désordonnée des individus. Non en vérité, l'esprit de la doctrine phonétiste n'est pas un esprit de gâchis et d'anarchie. C'est tout le contraire, un esprit de discipline. Le phonétisme cherche la raison non pas seulement parce qu'elle est la raison, mais parce quVn elle est la seule autorité qui lie sûrement ;

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