Loc. cit
nous faut nous dégager de cette tendance qui fait que l'on exagère l'importance de la sélection naturelle, et tenir plutôt compte des conséquences de la théorie de Mendel qui nous montre que, dans l'animal, tout n'est pâs'r^lé dans son intérêt et que l'organisme doit être considéré comme une somme de caractères hérités indépendamment les uns des autres ».
C'est en effet sous l'influence de l'hypothèse de la sélection naturelle que beaucoup de zoologistes et de psychologues sont arrivés à croire que tout ce qu'un animal fait est dans son intérêt. Au dernier Congrès de Genève, comme on demandait à J. Loeb ce qu'il pensait de l'adaptation des tropismes, celui-ci répondit : Les tropismes ne sont ni utiles, ni nuisibles. Ils sont la somme de plusieurs propriétés héritées indépendamment les unes des autres, comme le sont les divers caractères morphologiques d'après la loi de Mendel. Seuls les animaux où accidentellement le groupement de ces propriétés est compatible avec le maintien de la vie ont pu survivre. — « Il est évident, dit-il encore, dans son rapport, que les espèces qui présentaient des tropismes incompatibles avec la reproduction et la conservation de l'espèce ont dû disparaître. Mais soutenir que toute réaction ou tout tropisme est dans l'intérêt de l'animal ou est pour lui de la plus grande utilité, est tout aussi injustifié que de dire que chaque caractère morphologique que présente l'espèce lui est utile. »
A cet égard, Loeb cite le cas du galvanotro^isjyie, où on ne saurait invoquer l'intérêt deTanimal, ni une sélection, ni un apprentissage, et aussi le cas de cer-
tains animaux qui vivent constamment à l'obscurité, dans la vase des fonds marins par exemple, et qui mis à la lumière présentent néanmoins un héliotropisrae positif. « Aussi bien dans le cas de l'héliotropisme que dans celui du galvanotropisme les réactions ne sont pas commandées par l'intérêt biologique. »
Je suis absolument du même avis. « C'est une erreur, ai-je dit^ qui a germé dans l'esprit des finalistes de croire que les tropismes sont bien adaptés. Ils peuvent l'être accidentellement, mais ils ne le sont pas forcément. Les tropismes conduisent souvent les animaux inférieurs à la mort; peu importe, il y a une puissance de vie si extraordinaire chez ces animaux. N'a-t-on pas calculé que si l'on pouvait fournir à un infusoire l'espace et la nourriture suffisants, au bout de trente jours, par suite de ses bipartitions successives, celui-ci donnerait naissance à une masse de matière vivante aussi grosse que le soleil.
« Je ne puis croire, surtout quand il s'agit de tropismes, que les animaux agissent à chaque instant suivant la ligne de leur plus grand intérêt, car j'ai souvent constaté le contraire?
« Qu'une inégalité dans les éclairemeuts des deux côtés du corps se produise, la trajectoire s'incurve forcément d'un certain côté; que l'état de la matière vivante change, il arrivera un moment où l'incurvation se fera du côté opposé. J'ai observé plusieurs fois le fait suivant : dans un certain milieu, il y a un tropisme négatif alors que le tropisme positif serait