‹ La nouvelle psychologie animaleChapitre 17 sur 40 · C. — Recherche de la nourriture · texte numérisé non relu

C. — Recherche de la nourriture

On a beaucoup exagéré l'importance de la recherche de la nourriture chez les animaux inférieurs. Un grand nombre vivent eu quelque sorte dans une atmosphère alimentaire, et n'ont qu"à absorber, par osmose ou par déglutition, les matières nutritives qui se trouvent en abondance autour d'eux. D'autres, dont la marche est soumise aux lois des tropismes et de la sensibilité différentielle, rencontrent par hasard les aliments qui leur sont nécessaires.

Parmi les insectes, les chenilles semblent rentrer encore dans ce cas. Nous avons parlé plus haut des observations de J. Loeb sur les tropismes des chenilles de Porthesia chrysorrhœa, et des variations de la sensibilité héliotropique par le fait même de la nutrition. De mon récent mémoire sur les réactions dune autre espèce de chenilles, Hypochrita Jacobœa\ il ressort que ces animaux sont soumis aux lois générales de la sensibilité différentielle ; leurs actes se comprendraient très mal du point de vue finaliste.

Chez les hyménoptères adultes qui, comme nous venons de le voir, ont une remarquable mémoire associative, on conçoit que celle-ci puisse s'appliquer, aussi bien à la recherche de la nourriture qu'à celle du gîte.

Qu'il nous suffise de citer ici les observations fort ingénieuses de Gaston Bonniersur la division du tra-

1. G. BoHN. Quelques observations sur les chenilles des dunes, Institut psychologique, 1909.

vail cl^ez les abeilles, nécessitée par l'entretien de la ruche *. Suivant les circonstances, une abeille peut être ou chercheuse, ou butineuse. Dans le premier cas, I elle rôde ci et là, se posant sur les divers objets. Lorsqu'elle a découvert un endroit où il y a des substances à récolter, elle organise un va et vient de butineuses entre la ruche et cet endroit; elle-même, passant à l'état de butineuse, fait partie du groupe d'abeilles destiné à cette récolte déterminée. Lorsque des butineuses accomplissont une besogne déterminée, par exemple quand elles vont chercher de l'eau pour préparer la bouillie qui sert à nourrir les larves, elles ne se détournent pas de leur travail pour en exécuter un autre. Elles viennent chercher de l'eau dans un bassin ; on peut disposer sur des flotteurs des gouttes de sirop de sucre ou même de miel ; elles ne se dérangent pas pour recueillirle liquide sucré. L'expérience inverse a été faite. C'était pendant une période de grande sécheresse ; le manque d'eau se faisait sentir dans la ruche ; vers le milieu du jour, des abeilles visitent des fleurs de lyciet ; près de ces fleurs, on place de l'eau ; elles ne se détournent pas de leur travail pour la récolter.

Gaston Bonnier, pour expliquer beaucoup des actes des habitants d'une ruche, fait intervenir 1' « intelligence de la ruche », un « raisonnement collectif )), alors que certains auteurs, tels qu'Abraham Netter, voient dans ces actes le résultat d'une simple irritabilité. Il est certain que chez les abeilles la com-

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