INTRODUCTION DU POINT DE VUE ÉTHOLOGIQUE EN PSYCHOLOGIE
Pour faire de la psychologie animale, il ne suffit évidemment pas d'avoir une connaissance approfondie des lois de la chimie physique et de la mécanique, il faut encore avoir longuement et minutieusement observé les relations des êtres vivants entre eux et avec les diverses modalités du milieu extérieur, c'està-dire avoir fait de la biologie éthologique.
Giard, qui était un biologiste au sens complet du motrrâvait parfaitement compris, et, grâce à lui, la psychologie animale s'orienta en France dans cette direction.
Il ne faut pas oublier que la nature avec les conditions si variées qui y sont réalisées est un vaste champ d'expériences, dont nous devons profiter pour la détermination de la valeur relative des facteurs qui sont en jeu dans un phénomène donné.
Quand on observe les animaux dans leurs habitats variés, il est impossible de ne pas être frappé par la « variabilité des réactions ». Des individus de la même espèce pris dans des habitats différents se comportent de façons différentes ; un même individu sui-
vant les heures, suivant les traitements qu'il vient de subir, suivant les diverses phases de son activité, réagit différemment.
Cette variabilité a été longtemps interprétée comme la manifestation d'un pouvoir psychique. Maintenant, grâce à la chimie physique, on est conduit à distinguer, comme je l'ai fait^ : 1° une variabilité d'origine organique, cliimique ;.2" une variabilité d'origine périphérique, réceptive, sensorielle; 3° une variabilité d'origine centrale, associative, p^Chique. En définitive, il y ajoujours lieu de tenir compte des réactions chimiques générales de l'organisme, mais le siège de certaines réactions particulières n'est pas indifférent.
Ainsi, que l'on se place au point de vue élhologique ou que l'on parte du point de vue de la chimie physique, on est conduit forcément à la considération des « états chimiques internes », des « états physiologiques ». L'importance de ces états est indéniable; les travaux qui concernent leur intervention dans les manières de réagir, de se comporter des animaux sont déjà très nombreux.
Je vais tenter ici, ce qui n'a pas encore été fait, je crois, nue classification, approximative du moins, des états physiologiques.
L'état chimique interne, ou « état physiologique », peut être modifié, ou bien par suite de Vactivité même de l'organisme {nutrition, reproduction, Hocàmotion), ou bien directement par le milieu extérieur (conditions chimiques, physiques, mécaniques) ^'iT^n résulte que