‹ La nuit d'avant, vaudeville en deux actesChapitre 20 sur 26 · MADAME DT'BRAY · texte numérisé non relu

MADAME DT'BRAY

C'est inutile , tout est expliqué. Ah! ma pauvre Héloîse ! quel mari j'allais te donner là! un monstre, un mauvais sujet, un homme sans mœurs.

FRÉDÉRIC

Madame...

MADAME DUBRAY.

C'est assez; la veille d'un mariage emmener chez vous une jeune fille, l'y tenir renfermée...

FRÉDÉRIC

Je le,devais comme prolecteur, comme ami; et les personnes qui refuseront de croire à la pureté de ces deux senlimens...

MADAME DUBRAY.

Ah! en effet, rien n'est plus croyable; mais on n'est pa^ arrivée à quarante-sept ans sans connaître les hommes ; c'est une expérience qui m'a coûté assez cher! Dieu merci, elle servira à ma fdle.

FRÉDÉRIC

Mais, au nom du ciel...

MADAME DUBRAY.

Est-il possible? Pour une grisette ! pour une petite fille sans mœurs!...

FRÉDÉRIC

'" Assez, madame, assez; vous n'avez pas le droit de calomnier une personne que vous ne coimaissez pas... Vous venez de me faire comprendre mon devoir: cette jeune fille mérite si peu vos injurieux soupçons que si je pouvais obtenir l'aveu de sa famille, je m'eslitnerais heureux de lui offrir ma main.

MADAME DUBRAY, Stupéfaite.

Vous l'épouseriez !

FRÉDÉRIC

Oui , madame; vous voyez que je ne suis pas si imiuoial que vous le supposez : de cette ïaçon , c'est chez son mari qu'elle aura passé la nuit. Je pense qu'on n'aura plus rien i\ dire.

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