LA-:NOIX
tât » (iva TÀEOVASN TÙ rapérrwu). Il est difficile de se représenter la secousse
que subit l’homme lorsqu'il fait
une pareille « découverte », et plus difficile encore de se représenter comment l’homme peut ensuite continuer à vivre. La loi, les lois, portent le monde ; Horace, nous nous le rappelons, affirmait avec les stoïciens :
St totus 1llabatur. orbis, impatidum ferient ruinæ ; comme lui, Hégel se vante d’être égal en courage aux philosophes païens, et, le ciel vint-il à crouler sur lui, de demeurer sans crainte. Mais avec les lois qui soutiennent le ciel, tombent d’une même
chute les lois qui soutiennent le courage et lès vertus païennes. Ces vertus
d’ailleurs sont-elles des vertus véritables ? Saint Augustin n’a-t-il pas
raison quand il dit : Virtutes gentium
potius vita sunt, et Horace, Epictète,
Marc-Aurèle et notre Hegel sont-ils le moins du monde des hommes vertueux, dignes qu’on les imite ? Ne doivent-ils pas tous répéter, avec Luther, l’aveu, la traduction terrible qu’il :
nous donne de son vœu monastique :
Ecce, Deus, tibi voveo impietatem et blasphemiam per totam meam vitam..
La soumission à la loi est le commencoment dé toute 1impicté. . Et: le comble de l’impiété, c’est la divinisation des lois, de ces « vérités éternelles et immatérielles dépendantes de la vérité unique » dont nous a parlé Pascal.
Mais, nous dira-t-on, dans la Bible aussi 1l y a des lois que Moïse rapporta du Sinaï ; à quoi servent-elles ?
Laissons parler Luther, il nous dira
1. Voilà, mon Dieu, je te voue pour toute ma vie l’impiété et le blasphème.
ce que Pascal entend au tribunal suprême où 1l porte son appel contre Rome et le monde : « Deus est Deus humilium, oppressorum, desperatorum
et eorum, qui prorsus in nthilo redacti
sunt, ejusque natura est exaltare humiles, cibare esurientes, illuminare cæcos, miseros et affactos consolari, peccatores justificare, mortuos vivificari, desperatos et damnatos salvart, etc. Est enim creator omnipolens ex mhilo faciens omnia. Ad hoc autem suum naturale et proprium opus non sinit eum perventre nocentissima pestis 1lla, opimio qusticiæ, quæ non vult esse peccatrix, 1mmunda, misera et damnata, sed justa, sancta etc. Ideo oportet Deum adhibere malleum 1stum, legem
scihicet, quæ frangat, contundat, con-
ierat et prorsus ad mhlum redigat hanc belluam cum sua vana fiducia, sapientia, justitia, potentia, ut tandent