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suo malo discat se perditam et damnatam *». Telles sont l’origine et la destination de la « loi », de ce que les philosophes estimaient comme la vérité éternelle et immatérielle, partant la dernière et divine. Mais voici la conclusion de Luther : « Zdeo
1.« Dieu est le Dieu des humiliés, des opprimés, des désespérés et de ceux qui sont complètement réduits à rien ; sa nature est d’exalter les humbles, de nourrir les affamés, d’éclairer les aveugles, de consoler les pauvres et les affligés, de justifier les pécheurs, de ressusciter les morts, de sauver les désespérés et les damnés.…. Il est en effet le créateur tout-puissant qui de rien a fait toutes choses. Mais il est empêché d’accomplir son acte propre et naturel par cette peste malfaisante entre toutes, la conscience de justice, qui ne veut pas se reconnaître pécheresse, immonde, misérable et damnée, mais juste, sainte. C’est pourquoi il a convenu que Dieu apporte ce marteau, à savoir la loi, qui brise, écrase, broie et réduise complètement à rien cette bête sauvage avec sa vaine confiance, sa sagesse, sa justice, sa puissance, afin qu’elle se sache enfin perdue et condamnée à cause de son mal. »
10 LA NUIE.
quando disputandum est de justiha,
vita et salute æterna omnino removenda est ex ocuhs lex, quasi nunquam fuerit aut futura sit, sed prorsus nil est.»
Je ne puis, à mon regret, citer tout ce que dit Luther, dans son commentaire sur l’Epitre aux Gralates, au sujet des paroles de saint Paul : Lex
propter transgressionem apposita est.
Toute sa lutte, inouïe de ténacité, contre Rome, a été une lutte contre
la « loi », contre les « vérités immatérielles et éternelles », auxquelles le catholicisme, même apres la condamnation de Pélage, n’a jamais pu renoncer. [l sentait lui-même mieux que ses adversaires jusqu'où 1l s'était
1.« C’est pourquoi quand on traite de la justice, de la vie et du salut éternel, il faut entièrement ôter la loi de nos yeux, comme si elle n’avait jamais été rien et ne devait jamais rien être, mais n’est absolument rien. »
DE GETHSÉMANI sus laissé .entraîner. Il voyait clairement que sous ses pieds s’ouvrait un abîme, qui menaçait d’engloutir luimême et le monde. Il savait, comme tout le monde, que la « loi » est le fondement de tout. Et :ïl écrit « Nec ego ausim 1ta legem appellare, sed putarem esse summam blasphemiam in Deum, msi Paulus prius hoc fecisset”. » Or saint Paul lui-même n’a pas été moins effrayé par sa découverte ; lui non plus n’aurait pas osé dire ce qu'il a dit, s’il n’avait pu, à son tour, « s'appuyer » sur le prophète Isaïe, dont la témérité l’effrayait autant qu’elle l’attirait. Saint Paul dit :
Tsaie osa et 1l dit, ‘Houïus ds ’amorohuX xoi Aéyer : « J'ai été trouvé par ceux quine me cherchaient point. Je me suis mani-