‹ La nuit de Gethsémani 1923Chapitre 17 sur 19 · IO · texte numérisé non relu

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tants des étables. La maxime : « Le CŒUr à ses raisons que la raison ne connaît pas », se mêle à tout, et produit les transformations Îles plus inattendues et les plus miraculeuses.

Il est vrai qu’on pourrait retourner cette thèse, et proclamer, avec un droit égal : « La raison a ses raisons que le cœur ne connaît pas. » En :

effet, il en est ainsi. La raison ae ses exigences sans tenir compte du cœur, comme le cœur pose les siennes sans tenir compte de la raison. Le « cœur » — qu'est-ce donc, ce cœur mystérieux ? — dit avec Job : Si on mettait ma douleur sur une balance, on la trouverait plus lourde que le sable de la mer. La raison répond :

La douleur, celle même de l’univers entier, mise sur une balance, ne pourraît faire monter un seul grain de sable.

ne

Voici un nouveau différend, et de nouveau on ne sait qui le tranchera.

La raison insiste : L’homme est un faible roseau perdu dans les espaces infinis ; le moindre souffle du vent, une soute: d’eau peuvent le tuer ;

c'est évident... — Oui, réplique Bas cal, c’est évident ; mais le vent, la goutte d’eau, limmense univers même ne sentent ni leur force, ni la faiblesse de l’homme ; donc leur force est illusoire et infime. Est-ce un argument ? Peut-on discuter, lutter ainsi contre l’évidence ? Bien entendu, la raison s’y oppose ; elle ne reconnaît la force démonstrative qu’à ces vérités immatérielles que n1 la goutte d’eau, ni l'immense univers ne peuvent anéantir. Pour la raison, cette puissance qui anéantit est une puissance devant laquelle elle s’incline pieusement et devant laquelle, d’après ses

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