ACTE SU IIe TABLEAU
Un coin fleuri, dans le pare
La fée Mimosa. La fée Libellule. La fée Mirabelle, cueillent des fleurs en chantant (sur l'air de la « Nuit du Mai ». (V. Glosson: chansons franco-wallonnes) .
Au clair soleil, cueillons les fleurs, Le ciel est bleu, les fleurs sont belles. Au clair soleil, chantons mes sœurs Tout resplendit, tout émerveille.
Le cher Printemps déjà s'avanc€ Les prés sont verts et l'air est doux. Cueillons les fleurs, cueillons les bran- Chantons et réjouissons-nous. [ches.
(Entrent la Reine des fées et la fée Petitdoigt. )
La Reine. — Vous voici bien joyeuses aujourd'hui, mes amies; avez-vous donc tant lieu de vous réjouir ?
Fée Mimosa. — Oh! Reine, nos cœurs sont pleins de joie, d'avoir secouru des misères.
La Reine. — Contez-moi cela; je suis toujours heureuse de connaître le bien que vous faites : si le bon renom des fées ne se ternit pas, c'est à votre activité toujours en éveil que nous le devons surtout. Qu'as-tu fait, toi, Mimosa ?
Fée Mimosa. — Ayant à marier mon filleul, le prince Charmant, je lui ai choisi la petite fille la plus malheureuse, la plus maltraitée de toute la terre. Faire d'une pauvre Cendrillon une Reine enviée, n'est-ce pas là une bonne action ?
Fée Petitdoigt. — Ce n'est pas si malin que cela !
Reine des fées. — Pourquoi cela, fée Petit doigt ?
Fée Petitdoigt. — Qui sait si la pauvre fil-" lette avait envie de devenir reine ?
Reine des fées. — Tais-toi, Petitdoigt. Tu es trop jeune. El loi, Mirabelle : qu'as-tu fait?
Mirabelle. — J'ai fiancé mon filleul, le petil Pierrol qu et malheureux sur
la I princesse Giroflée...
Libellule. — Après m'avoir consultée, d'ailleurs, puisque je suis la marraine de la prin-
>flée. Pour mol, Reine, Je me contentée de a pis
bien de ma p na filleule, qui est
prlnc qu'il
était gentil ?
Petitdoigt. — Q LUVre
.limait la princesse ? El qi princesse aimer :Tot.
Reine des fées. — Tu - toujours,
Petitd mrs n'onl pour
irer le bonheur de leur pr
Petitdoigt. — Le bonheur est plus difficile a saisir qu'un papillon ou qu'un bluet. Je serais bien surprise de \ ïslr toutes ces fantais
Libellule. — Qu'aurais-tu fait à notre plapeî
Petitdoigt. — J'aurais tout d'abord demandé à mes filleuls ce qu'ils désiraient par dessus toul '.
Libellule. — Ils sont bien jeunes; ne sommes-nous pas plus i savoir ce
qui leur convient î
Petitdoigt. — Oui vivra verra ! Vous bonnes toutes les trois; mais vous réfléchis-
Libellule. — V03 inde fille ! Tu vas
mms faire la !• •
Reine des fées. — Petitdoigt est la plus jeune; m petite fée. Et ie
u'elle eut raison. N'importe. Si toul inge pas selon nos vœux »ur remettre tout dans l'or
Mimosa. — Ohl j'ai confiance! Angèle heuri te prince aussi !
Mirabelle. — Pierrot soi a 1»:' plus gâté des petits rois.
Libellule — ki Giroflée l'aimera, j'en suis
Petitdoigt. — .!-■ ne «lis plus rien. Mais vous verrez avanl longtemps que j'ai raison. Reine des fées. — Chut!
Les fées. — Quoj .' Qu'y a-t-il ?
Reine des fées. — 11 me semble que j 'enta chanter !
Petitdoigt qui — Oui !
ml les villageo rivenl nncnt-lls
Reine des fées. — C Us Q dis-
ussent.)
— 34 h- SCENE II
Villageois et villageoises entrent en se tenant par le bras, et chantent en dansant :
Margoton va-t-à l'iau .Margot on va-t-à l'iau Aveque son cruchon.
La fontaine était creuse Elle est tombée au fond Ah ! Ah ! Se dit Margoton !
'- etc..
Lucas. — Arrêtons-nous ! C'est ici que doit passer clans un instant la princesse Angèle. Nous pourrons lui offrir nos bouquets!
Colas. — Pardienne ! J'espère qu'elle nous offrira, pour nous remercier, de bonne tarte et de bon vin.
Annette. — Ah! Le vilain gourmand! Il ne pense qu'à mang.r et à boire ! Pour moi, j'es père que la princesse nous offrira de jolis colliers et des pendants d'oreilles.
Colas. — Ali! la vilaine coquette! Elle ne pense qu'à sa parure !
Sylvie. •— Il paraît qu'elle est bien jolie, ia princesse Angèle. Je suis bien curieuse de 3a voir !
Annette. — Et il paraît, qu'avant de venir Loi, ce n'était qu'une petite paysanne comme nous.
Sylvie (soupirant). — Il y en a qui ont bien de la chance.
Annette. — Oui! S'il ne dédaignait pas d'épouser une bergère, pourquoi le prince Charmant a-t-il été la chercher si loin?
Lucas. — Voyez-vous ça !
Annette. — Je serais tout aussi bien Reine qu'une autre.
Colas. — Et moi? Tu me laisserais-là !
Annette. — Eli ! mon Mieu ! Je te prendrais comme cuisinier. Tu pourrais toujours manger de bonnes choses.
Colas. — Pardienne ! Dans ces conditionslà! J'accepterais!
Sylvie. — Oh! le goinfre! Si c'est ainsi qu'il t'aime, Annette !
Annette. — Fah! C'est un gros gourmand, mais c'est un bon garçon !
François. — Silence 1
Tous. — Pourquoi ?
François. — Il nie smble que je vois quelqu'un s'avancer là-bas !
Tous. — Qu'est-ce? Qu'est-ce?
François. — Une vieille dame et une petite fille ! Ah! ce doit être la princesse Angèle sa graod'mère !
Lucas. — i toi, que je regarde. En ! oui :
François. — Je n
Sylvie. — Gros bêta I ai ms-nous
nions notr :i !
Colas. — Hum! Hum! Je donne le signal. Un! deux! tr
Ange le el la grand'mère paraissent. Ils chantent, tandis qu'elles s'avancent lentement jusqu'au milieu d e).
Chœur. ...
Noua Bomm'a venus vous voir Du fond de net' vil Pour souhaiter ce soir, Un heureux mariage A Monsieur votre époux, Aussi bien comme à vous.
Quand on dit son époux, On 'lit souvent ><n\ maître, Ils n" >on' pas si doux, Comme ils ont promis d'être 11 faut leur conseiller De mi< u\ se rappeler !
ftec< bouquel
Que nous venons vous tendre Il est fait de genêt, Pour vous faire comprendre, Que ton- [ns Innneurs
omme des fleurs !
Angèle. — Merci I Merci, mes amis. Vous
bien aimables. Mais vous vea< i de
loin sans doul Allez
au château. Dites que je yioh envoie ; qu'on
vous serve un bon repas, <•! qu'on vois donne
•i vin.
Colas toul a - Hourrahl Hourrahi
Vive lu princ le bon vin !
Tous. — Hou! Hou! !<• vilain buveur! Vive la Princ prince Char-
mant, il- n chantant.)