‹ La nuit de mai; féerie enfantine en cinq tableauxChapitre 4 sur 19 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les mêmes, moins la voisine

La Marraine (durement). — Qu'est-ce que cela signifie? Il y a une demi heure que tu devrais être à la maison. Et puis, une autre fois, quand quelqu'un te dira bonjour tâche de répondre poliment.... et. de ne pas me regarder comme si j'étais un ogre... Quoi ? Que distu ? , j

Angèle. — Rien, Marraine.

La Marraine (la menaçant de la main). — Si tu t'avisais de répliquer! (l'attirant vers elle brutalement). Tu as fait une tâche sur ta robe.

Angèle. — Il y a longtemps.

La Marraine. — Ce n'est pas une raison. Quand cette robe là sera usée, tu n'en auras pas d'autre, je te préviens. Nous te mettrons dans un sac (elle secoue Angèle et s'assied tandis que la petite fille se tient debout devant elle, les yeux baissés). D'abord, as-tu l'ait tout l'ouvrage que je t'ai commandé ?

Angèle. — Oui, Marraine.

La Marraine. — Tu as soigné la vache ?

Angèle. — Oui.

La Marraine. — Donné du grain aux poules?

Angèle. — Oui.

La Marraine. — Lavé et rangé la vaisselle?

Angèle. — Oui,

La Marraine. — Raccommodé mes bas? (signe affirmatif). Ciré mes souliers du dimanche ? Je parie que tu as oublié mes souliers.

Angèle. — Non, Marraine, je les ai cirés.

La Marraine. — Bien. Passons à tes commissions. Ton panier ?

Angèle (l'apportant). — Le voici. (Elle l'ouvre ) .

La Marraine (examinant). — Le sucre, la farine..., le café et la chicorée..., le riz..., la graisse.

Angèle app Voici le

crin pour voir.' oreiller.

La Marraine. — le n de terre ?

Angèle. — N ommes de terre,

La Marraine. — Quoi : lu as oublié !

Angèle. — L'homme n'a pas voulu que les rapport.', n a dit que c'était trop lourd t't qu'H viendrai! lui-même demain m

La Marraine se levant, furieuse). — l'i use ! Mendiante ! Tu t'es plainte à cet nomme !

Angèle tremblante . - Non, Marraine.

La Marraine. — Trop lourd ! 5 kilogs 'I i pommes de i-rtv, j.- vous demande un peu ! Tu te prends «loue pour une princesse ? \ propos. Mademoiselle, j'en ai appris de bel- Bur votre compte ! il paraît, maintenant, que vuus donnez mon pain e1 mon saindoux aux pauvres des - mtea ?

Angèle. — Un pauvre esl venu hier, c vrai.

La Marraine. — El Mademoiselle s'est permise de lui faire l'aumône.

Angèle. — Je lui ai donne ma tartine.

La Marraine. — Et. le café ?

Angèle. — Mon café aussi.

La Marraine. — Ah! ton café aussi !... Ta n'avais donc pas faim !«... C'est donc que je te nourris trop... Eh! bien, ma fille, puisque tu trouves bon de jeter ton souper aux pauvres, tu t'en passeras ce soir.

Angèle. — Marraine ! C'était si loin et j'ai si faim !

La Marraine. — Tant mieux, gourmande, j'en suis bien aise. Tu d'en seras que mieux punie. Au lit. Au lit, méchante enfant !

Anugèle. — Faut-il donc me coucher tout de Buite ?

La Marraine. — Toul de suite, à l'instant même. El ne t'avia tllumer la lampe ou

Angèle. — Marraine! Rien qu'une bougie!

La Marraine. — Non !

Angèle. — M II t'iit Bj noir !

La Marraine n'cunuii! . - - Ma belle, pren lujourd'hui la

première nuit de mai, une nuit où

il se aordinai-

llable entrer i dans i i charnel] !

Angèle. — Marraine '.

La Marraine Dt la voix mysl

ment . — Ecoute!... Tu

Angèle Mir-

La Marraine (s'éloignant en riant). — Eh! eh! eh!... Adieu ma fille, bonne nuit. (Elle là repousse brutalement). Prend garde au diable ! (Elle sort en riant).

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