‹ La nutrition dans l'hysterieChapitre 18 sur 24 · lî · texte numérisé non relu

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'une attaque convulsive

ILes vomissements ces- Jsent, la malade mange /avec avidité.

que convulsive est encore très nettement indiquée par les excrétions urinaires. Le lendemain il y a, comme pour les autres états de mal, oscillation autour de la normale. L'urée se relève déjà, mais elle n'atteint son taux ordinaire que le 7 et les jours suivants.

L'attaque de sommeil ayant eu pour résultat de faire cesser les vomissements, l'appétit revient et, avec lui, un embonpoint qui suit une marche ascendante très rapide. Le 5, la malade pèse 37 k. 100, le 8, 39 k. 500, le 10, 40 k. 080.

La sixième malade que nous avons observée est de toutes la plus intéressante. C'est par elle qu'ont commencé les analyses du présent travail, puisque, prenant nos fonctions à la Salpêtrière le 1er novembre 1887, les premières analyses relatives à ce sujet datent du 27 du même mois. A partir de cette date jusqu'en avril 1888, Biz... a eu cinq états de mal léthargique pour lesquels M. Charcot l'a présentée plusieurs fois à son cours. On ne s'étonnera pas, étant donné les dates, en considérant le tabl. XXI, que nous n'ayons pas différencié les phos-

Tableau XXI.

Moyennes des 5 états de mal de sommeil hystérique

de Biz..., 17 ans.

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Poids 46 k. 500. Moyenne du 12

Etat normal.

au 20 janvier 1888, après un état de mal de 13 jours de durée.

Début le 27 nov. 1887 P. = 48 k.

l"étatde mal

Réveil le 12 déc P. = 45k. 750.

Différence : 2 k. 250 Début le 25 déc . 1 887 . P.=47 k .500.

2* état de mal

Réveille 7 janv.1888. P.=43 k.80().

Différence :3 k. 700.

3e attaque . . .

Du 21 au 22 janvier 1888.

Débutle2fév. 1889. P.= 47 k.100.

4* état de mal

Réveille 11 fév. P. = 45 k. 100.

Différence : 2 k

Début le 23 mars 1888. P. = 52 k .

5' état de mal

Réveil le 1" avril 1888. P.= 48k.

Différence : 4 k.

Moyenne générale des états de mal.

Maigrit de 300 à 500 gr. par jour d'état de mal.

phates pour chercher l'inversion de la formule sur laquelle, du reste, après tout ce que nous venons de dire, il est inutile d'insister désormais.

Pendant les cinq états, le sommeil fut des plus caractéristiques : léthargie profonde entrecoupée d'attitudes

passionnelles. La température rectale ne dépassa jamais 37°,8. L'alimentation, toujours artificielle, fut variable suivant les attaques ; dans un même état de mal, il existait des séries de deux ou trois jours pendant lesquels il était absolument impossible de faire passer quoi que ce soit entre les dents contracturées. Le lendemain, la malade pouvait absorber de 5 à 600 grammes de lait avec deux ou trois œufs battus. Pendant le dernier état de mal, du 23 mars au 1" avril 1888, V alimentation fut absolument nulle.

D'une façon générale, en considérant la totalité des analyses représentant 49 jours de sommeil en cinq reprises, on note, comme précédemment, un abaissement du volume de l'urine, du taux du résidu fixe, de l'urée et des phosphates. En effet, à l'état normal, Biz... excrète 1,100 ce. d'urine, 44 gr. 50 de résidu fixe, 18 gr. 10 d'urée, 2 gr. 10 d'acide phosphorique total. Pendant son sommeil elle excrète en moyenne par jour 880 gr. d'urine, 30 gr. de résidu fixe, 10 gr. d'urée, 1 gr. 10 d'acide phosphorique total, résultats sur lesquels il n'est plus besoin d'insister. Elle maigrit en outre, en moyenne de 300 à 500 gr. par jour, suivant les accès, qui euxmêmes sont variables par rapport à l'alimentation. Entre les accès, elle revient rapidement à son poids normal elle engraisse même, puisqueson poids, pour une période de huit jours, du 12 au 20 janvier 1888, est de 45 k. 500

— il est vrai qu'elle sort d'un accès qui a duré 13 jours

— et le 23 mars, au début d' un nouvel accès , elle pèse 52 k . Outre ces considérations qui se rapportent indifféremment aux cinq états de mal de Biz. . . , l'étude des deux derniers états - pour ne prendre que ceux-là — est à envisager, car elle va nous permettre encore une fois en nous basant sur les excrétions urinaires, de prévoir la durée de l'accès et de prédire le retour à l'état normal.

Si l'on considère les fig. G et 7, on note en effet, des le début de l'état de mal, la chute du volume de 1 urine et de l'urée (et aussi du résidu fixe et des phos-

pliâtes qui n'y ont pas été marqués) ; puis survient un plateau et enfin ces éléments se relèvent, atteignant et dépassant môme le taux normal le jour du réveil. Sur

la ligure 7, on note les oscillations qui suivent d'ordinaire le réveil.

On peut donc, dans l'état de mal léthargique comme

dans les autres états de mal, en se fondant sur le tracé fourni par le volume de l'urine et le taux de l'urée, prévoir la durée de l'état de mal et prédire le retour à Tétat normal. Plus que dans les autres états de mal hystériques, cette notion a une importance capitale dans la circonstance. Dans l'état de mal épileptoïde par exemple, on peut voir quelquefois, la veille ou le jour du réveil, les attaques diminuer de nombre et les intervalles de calme devenir plus étendus. On pensera alors que le retour à l'état normal est proche. Il n'en est pas de même, on le comprend, dans l'état de mal léthargique ; là le réveil est forcément brusque, la malade, pour employer une expression aussi vraie que naïve, a seulement fini de dormir lorsqu'elle est réveillée.

Cette courbe particulière des excrétions pendant l'état de mal léthargique et pendant tous les autres états, courbe qui mérite, comme l'a montré M. Charcot dans sa Leçon du 5 février, d'occuper un rang de première importance en clinique, n'est pas le simple fait d'une dénutrition bancde chez des individus plus ou moins privés de nourriture pendant la durée d'une manifestation pathologique. Ses caractères si spéciaux appartiennent bien en propre à l'hystérie, tout au moins jusqu'à ce que des recherches ultérieures aient démontré qu'on les rencontre dans d'autres manifestations pathologiques indépendantes de la névrose.

Elle n'est pas due entièrement à la simple privation des aliments, à l'inanition par exemple, car celle-ci donne un tracé bien différent, à peu près rectiligne pendant les premiers jours, s'abaissant jusqu'à la mort ou se relevant à la vérité, mais lorsqu'on donne des aliments.

Le relèvement que nous observons et qui nous permet de prédire la fin de l'état de mal, ne se montre pas dans l'espèce sous l'influence de l'ingestion des aliments. A plusieurs reprises, en effet, nous avons noté avec insistance que pendant toute la durée de l'état de mal, jusqu'au moment précis du réveil, l'alimentation avait

été absolument nulle. Qui peut donc ainsi, le malade ne prenant aucune alimentation, influencer les excrétions urinaires au point d'en doubler ou d'en tripler, les 2 ou 3 derniers jours de l'état de mal, le volume et les matériaux solides, si ce n'est l'affection elle-même ?

Désormais, croyons-nous, il faudra compter avec la courbe excrétoire de l'hystérie, comme on a appris depuis longtemps à se guider sur la courbe thermométrique de la pneumonie ou de la fièvre typhoïde par exemple.

Arrivés au terme de nos recherches sur les différents états de mal hystérique, nous pouvons donc conclure.

L'état de mal hystérique, quelle que forme qu'il revête, n'est qu'une attaque d'hystérie prolongée dont il présente tous les caractères chimiques. On y observe, en effet, l'abaissement du volume de l'urine, du taux du résidu fixe, de l'urée et des phosphates avec inversion de la formule de ces derniers.

Pendant l'état de mal, les excrétions suivent une marche dont la courbe permet à elle seule de prévoir la durée de l'état de mal et d'en prédire la terminaison.

Pendant l'état de mal, l'amaigrissement quotidien est constant. 11 varie de 200 à 500 grammes par jour, suivant la durée de l'état de mal et la quantité des aliments absorbés, lorsque l'anorexie n'est pas absolue. L'opinion de M. Empereur, déjà citée, « que les hystériques ne maigrissent pas parce qu'elles ne déperdent rien, et que ne déperdant rien il leur est inutile, sinon nuisible, de manger», est aussi radicalement fausse pour les manifestations pathologiques de l'hystérie que dans l'hystérie normale.

A ce dernier point de vue, et pour parer à l'objection qu'on pourrait tirer de la présence possible dans les urines de produits excrémentitiels azotés inférieurs, susceptibles de remplacer les produits supérieurs, l'urée en particulier, dont la quantité est abaissée comme nous l'avons dit dans les manifestations pathologiques de l'hystérie, nous avons institué des analyses complémen-

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taires dont le résultat, on va le voir, prouvera une fois de plus que nos conclusions sont exactes.

L'urée, on le sait, est accompagnée dans l'urine à l'état normal par d'autres produits également azotés, à savoir : l'acide urique, lacréatinine, la xanthine, l'hypoxanthine, la paraxanthine, l'acide hippurique, l'allantoïne, etc. Ces divers corps s'y trouvent, pour la plupart, en quantités tellement faibles, que pour les déceler il faut opérer sur des volumes d'urine considérables.

Pour tous nos dosages d'urée, nous nous sommes servis, comme on le verra lorsque nous exposerons notre technique, de l'appareil d'Yvon et de l'hypobromite de soude. Or, nous n'ignorions pas que si une partie des produits que nous venons d'énumérer est plus ou moins décomposable par l'hypobromite de soude, l'autre résiste complètement à son action.

Il était donc nécessaire de voir s'il n'existait pas justement certains de ces produits azotés en quantité plus considérable que normalement dans les divers cas soumis à notre analyse.

Nous avons dû recourir alors à plusieurs reprises au dosage de l'azote total, tant dans l'état normal hystérique que dans diverses manifestations pathologiques de la névrose. Ce dosage de l'azote total nous a toujours démontré que dans tous les cas étudiés, les produits azotés inférieurs précédemment énumérés ne subissaient pas de variations susceptibles de fausser nos analyses. Leur taux n'étant pas anormalement élevé, ils ne peuvent par conséquent compenser la faible quantité d'urée trouvée dans les analyses des diverses manifestations pathologiques de l'hystérie que nous avons étudiées, et infirmer par là même les résultats obtenus.

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