GROUPES FONCTIONNELS ET RÉGÉNÉRESCENCE
d’oxygène intramoléculftire. Elles le cèdent ensuite à d’autres chaînes latérales plus avides de ce corps. Ces dernières sont à leur tour destinées à être consommées plus ou moins intégralement et suivant le besoin exigé par l’activité cellulaire, suivant la quantité d’énergie dégagée à un moment donné par le protoplasma vivant. Néanmoins, la plupart du temps, la combustion de ces groupes fonctionnels n’est pas complète ; ces groupes ne se détruisent que partiellement et les restes de récepteurs qui persistent, servent à la reconstitution de la matière organisée.
C’est là l’exposé succinct de l’hypothèse des récepteurs, telle qu’elle a été énoncée par Ehrlich au début de ses recherches sur les processus d’oxydation. On voit que celte hypothèse explique aisément la raison d’être de cette relation de spécificité qui existe entre la matière vivante et les principes inertes que cette matière s’incorpore au cours de l’assimilation ; on constate également qu’elle tient cornpte des processus régénérateurs qui s’opèrent dans la cellule. Elle nous permet, de plus, de comprendre le fonctionnement spécifique des divers éléments anatomiques. En efTet, ce fonctionnement étant sous la dépendance de la structure particulière du noyau central de la molécule protoplasmique, doit forcément varier avec cette structure. Oji est ainsi conduit à attribuer, à chaque espèce de celluJes différenciées, des molécules de matière
RÉSUMÉ
orqanhèe possédant un noyau central construit d'une façon spéciale.
Voici le résumé do ce que l’expérience et la réllexion des esprits les plus distingués ont pu nous fournir comme conception des actes les plus intimes de la vie cellulaire :
La variabilité de la constitution morphologique et du fonctionnement des éléments anatomiques, nous oblige à attribuer à ces éléments une certaine complexité et à localiser les phénomènes chimiques qui sont la cause de l’activité vitale, non pas dans la cellule considérée dans son ensemble, mais dans des parties de celte cellule. Que l’on appelle ces parties : unités physiologiques ou biogènes, molécules d’albumine vivante ou plasmalosomes, peu importe. Le fait est que nous sommes contraints de nous représenter ces parties comme ayant la signification d’une moIécul(!, c’est-à-dire d’une parcelle de matière jouissant d’une certaine indépendance, et possédant une multitude de groupes fonctionnels spécifiques. Chacun de ces groupes jouit de propriétés chimiques particulières, propriétés dont l’ensemble constitue l’activité physiologique de la matière vivante. Celte molécule protoplasmique est extraordinairement instable. La moindre excitation provoque des changements profonds dans son architecture, changements qui aboutissent à une satisfaction
RÉSUMÉ
d’affinités chimiques et à un dégagement d’énergie. II est donc à penser que, soit dans la molécule tout entière, soit dans ses diverses parties constituantes, il y a des groupes d’atomes qui sont en continuelle vibration et qui possèdent, de ce fait, une tension intérieure remarquable. La molécule de matière vivante se détruit spontanément et d’une façon continue; de plus, elle se répare au fur et à mesure qu’elle se détruit. Enfin, il est fort probable que cette instabilité de la substance organisée est due à la présence de certaines fonctions chimiques qui offrent quelque analogie, soit avec les aldéhydes, comme le pensent Lœvv et Bokorny, soit avec le cyanogène, comme le veut Pflüger.
Nous essayerons, dans les pages qui suivent, de choisir dans le domaine de l’Immunité les faits qui pourront, à la lumière de ces hypothèses, nous guider dans l’étude de la nutrition. Nous respecterons autant que possible la conception suivant laquelle la vie n’est qu’une manifestation des réactions chimiques qui s’opèrent dans la molécule de matière organisée. Notre tâche sera de préciser à quel point la notion de la molécule protoplasmique et de ses groupes fonctionnels peut nous aider à résoudre certains problèmes difficiles de la nutrition.