GROUPES FONCTIONNELS
Nous avons vu, dans la première partie de cet ouvrage, que, suivant la conception d’Ehrlich, la molécule de matière vivante est constituée par un noyau central, siège exclusif du fonctionnement spécifique de cette matière, el par des fjroupes fonctionnels attachés à ce noyau central. Ces groupes peuvent être comparés aux chaînes latérales d'une molécule organique quelconque appartenant à la série aromatique. De même que cette molécule, l’unité protoplasmique emprunte un certain nombre de ses caractères particuliers au noyau qui sert de support à ces chaînes latérales. D’un autre côté, cette unité entre en réaction avec les principes nutritifs qui baignent la cellule, au moyen des groupes fonctionnels dont elle est pourvue, tout comme une molécule de benzène substitué, réagit, grâce à ses chaînes latérales, sur un radical amidé ou halogéné. Ces groupes fonctionnels possèdent une affinité chimique particulière, dont les caractères spécifiques et l’intensité dépendent de leur constitution et de leur arrangement intramoléculaire. Grâce à cette affinité qui peut varier a l’infini, la molécule protoplasmique attire et fixe intimement les matériaux assimilables qui circulent dans les humours et qui servent à l’entretien de la vie. Elle choisit parmi ces matériaux ceux dont elle a besoin à un moment donné, ceux qui peuvent réj)arer les perles subies au cours de l’activité physiolo-
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gique de la cellule. Ce choix ne s’opère pas d’une façon arbitraire. 11 est, en elTet, conditionné par l’existence d’un rapport chimique convenable entre la constitution des groupes fonctionnels et la composition élémentaire de substances nutritives.
Ainsi, l’acte le plus notoire de la nutrition cellulaire, l’assimilation, se réduit, en dernier lieu, à des propriétés de ces. groupes fonctionnels du protoplasma. Æ’n V absence de ces rjroupes, aucun renouvellement de la matière ne peut exister et tout processus vital est obligé de dévier de sa marche normale ^ pour s' arrêter tôt ou tard.
Il résulte de ce qui précède que, si l’on désire apprécier la nature intime de la nutrition en se plaçant au point de vue de rh}'potbèse d’Ebrlich, on doit rechercher si les diverses phases du processus nutritif, à savoir la fixation, l'élaboration et la destruction de la 7natière assimilable, ainsi cpie la régénérescence de la substance vive, trouvent leur expression dans les diverses propriétés de ces groiqies fonctionnels. On est ainsi amené à vérifier :
i" Si ces groupes fixent la matière assimi labié ;
2° S'ils élaborent cette matière,
3° S'ils se détruisent pendant l'acte vital, pour yneilre en liberté une énergie équivalente à ï accomplisse^nent de cet acte\