GLOBULES ROUGES ET NUTRITION
lies exclusivement dans le domaine de l’immunité, ce chercheur arrive à des conclusions qui louchent de très près la vie intime de la cellule.
Le globule rouge est un élément qui se laisse facilement atteindre par une foule de poisons minéraux et organiques; les uns agissent en produisant l’hémolyse, les autres, en agglutinant les érythrocytes. On connaît ainsi, en dehors des toxalhumines végétales (ricine, abrine, crotine, etc.) et des produits microbiens (slaphylolysine, lélanolysine,vibriolysine, etc.), un grand nombre d’hémoloxines, pour la plupart contenues dans le sérum fourni par les animaux neufs (sérum d’anguille) ou préparés à l’aide d’injections répétées de sang étranger. Chacune de ces hémoloxines, avant d’agir sur les hématies, se fixe d’une façon rigoureusement spécifique sur le stroma de ces hématies. Un érythrocyte qui est entièrement saturé par la substance hémolysanle A, j>ar exemple, reste absolument indifférent pour de nouvelles doses de celte substance, et néanmoins il peut fixer tout comme un érythrocyte neuf, le principe hémolytique B. Ehrlich admet ainsi que le stroma globulaire est pourvu d’une foule de récepteurs ou groupes fonctionnels, doués d’une affinité chimique envers ces diverses hémolysines, affinité en vertu de laquelle ces récepteurs se combinent et fixent intimement les principes cytolytiques.
Quel peut être le rôle de ces groupes fonction-
SUBSTANCES IMMUNOGÈNES ASSIMILABLES 53
nels clans la vie nutritive de la cellule? Pour Elulich, les phénomènes observés au cours de riminunisalion, tels que la formation et le mode d’action des hémolysines, des bactériolysines et des antitoxines, ne sont que l’expression d’un processus jilus général : la nutrition cellulaire. Les substances immunisantes, qu’elles soient toxiques ou non, liquides, comme les matières protéiques et les toxines, ou solides, comme les microbes et les cellules, rentrent dans la catégorie des principes assimilables. Elles jouissent, sans distinction, de la propriété de se fixer intimement sur le protoplasma des éléments anatomiques. Voici comment Ehrlich s’exprime à ce sujet : « On connaît depuis longtemps des substances qui contractent avec le protoplasma des combinaisons durables; on les désigne sous le nom de principes assimilables. On attribue ordinairement cette propriété d’assimilation h une petite catégorie de corps (|ue l’on classe parmi les éléments nutritifs de la matière vivante». Mais les toxines et les princijies immunogènes, en général, se comportent de la même façon. « Ces toxines qui, au point de vue de leur production et de leurs qualités chimiques, se rapprochent des albumines et de leurs dérivés, possèdent des groupes qui correspondent à ceux des substances nutritives, ce qui fait que ces toxines contractent des combinaisons intimes avec les récepteurs de certaines catégorie de cellules ».