‹ La nutrition dans ses rapports avec l'immunitéChapitre 41 sur 106 · POUVOIR ANTITOXIQÜE ET CELLULES · texte numérisé non relu

POUVOIR ANTITOXIQÜE ET CELLULES

voit l’antiricine entraver in mtro l’agglutinalion des hématies par la ricine, dans un milieu salin incompatible avec la vie de ces hématies. D’autre part, Kanthack (*), Myers (^) et Stefîens (*) constatent que l’antivenin s’oppose à l’action agglutinante et hémolytique exercée par le venin du cobra sur les érythrocytes, et cela, dans le tube à essai. La môme expérience réussit égalelernent entre les mains de IL Kossel (*), de Camus et Gley (^), de Tchistovitch (®), avec le sérum d’anguille et son anticorps. Enfin, d’après Neisser et Wechsberg C’), Ehrlich (®) et Madsen, l’antistaphylolysine et l’antitétanolysine neutralisent in vilro le pouvoir hémolytique et leucolytique de la tétanolysine etde la staphylolysine.

(1) Kanthack et Cobett. — Cbt fUr Bakteriolog. vol. 2.h 1898, p. 129.

(2) Myers. — On the interaction of toxine and antitoxine, etc. Transact. of lhe pathol. Soc. of London, vol. 5i, p. 195, 1900.

(3) Steffens et Myers, cités d’après Aschoff.

(♦) H. Kossee. — Zur Kenntnis der Antitoxinwirh. Berl. kl. Woch., 1898, n« 7, p. 102.

(»j Camus et Gley. — Noiii-elles rech. sur l’immunisation contre le sérum d anguille. Ann. Inst. 1 asteur, vol. i3, 1899, p. 779*

(6) Tchistovitch. — Etudes sur l’immunisation contre le sérum d'anguille. Ann. Inst. Pasteur, vol. 1.3, 1899.

(■) Neisser et Weghsbero. — TJebcr das Stapliylo- Igsin, Zl't fur Hyg..vol. 30, 1901, p. 299.

(*) Ehrlich. — Ueber Tetanolysin. Charité-Ârlzte. Berl, kl. Wocli., 1898, n° 12.

POUVOIR ANTITOXIQUE RT CELLULES il9

De plus, Vaclion nenlraUsanle des nnlicorps vis-à-vis des principes qui ont servi a leur préparation, peut apparaître en dehors de toute intervention dit protoplasma vivant. Ce qui le prouve, cesoulles nombreuses expériences entreprises récemment avec les précipitines, les anticytases, les antiferments, etc., où l’on voit ces principes immunisants entrer en réaction avec leurs anticorps respectifs dans un milieu où il n’y a que des substances en état de dissolution et où, par conséquent, la présence de cellules vivantes est exclue.

On peut conclure de ces constatations que l’antitoxine agit directement sur la toxine pour annihiler l’induence morbigène de celle toxine. Plus le contact entre le poison et l’anlipoison est durable, plus l’action neutralisante de ce dernier est intense. Ainsi, Fraser (') voit que, si l’on mélange préalablement in vitro l’anlivenin et le venin de serpent, on a pins de chance de sauver la vie des animaux que dans le cas où on introduit séparément ces substances sous la peau de ces animaux. D’autre part, si l’on désire empêcher entièrement rimflammation provoquée par l’abrine appliquée sur la conjonctive, il est indiqué, suivant Rœmer (-), de mélanger préala-

(•) Fraser. — The treatement of snake poisoning, etc. Brit. med. Journ., 189.5, p. 4ùi.

Rœmer. — ■ Experini. Untersuch, über Abrin

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blement Tabrine à ranliabrlne, ou de faire l’instillation siiiuiltanée de ces principes antagonistes dans le sac conjonctival, lût ceci a été conlirmé par Dnmbar (^), pour la polen-toxine qui provoque la fièvre du foin.

Quel ])0ut être le mécanisme de cette action directe exercée par l’antitoxine sur la toxine? Plusieurs faits montrent que Vanlitoxme ne détruit pas la toxme. On sait, par exemple, que l’antivenin ne résiste pas au chauffage à 70°, tandis que le venin de cobra supporte cette température sans perdre sensiblement sa toxicité, Profilant de cette propriété spéciale du venin, Calrnette(-) a pu démontrer que, dans un mélange neutre d’antivenin et de venin, ce dernier n’est pas détruit, mais simplement contrarié dans son action par l’antipoison. 11 suffit, en effet, de porter ce mélange à 70°, pour constater qu’il récupère presque intégralement son pouvoir morbigène, ce qui ne devrait pas avoir lieu si la toxine était effectivement annihilée par l’antitoxine. U’un autre côté, Wassermann (■*), en soumettant un mélange neutre de toxine et d’antitoxine pyocyanique à des températures assez

(Jequirilol) Immunilüt. Arch. lür Ophtalmologie, 1901, vol. r>2, p. 72.

Dumbar. — Weiterer Beitr. zur Ursache und spez. Ileitung des Heufiebers. Deutsch. med. Woch., 1908, n® 9, p. i/,9.

(2) Calmette. — Ann. Insl. Pasteur, 1895, p. 225.

(3) Wassermann. — Zft fur Hygiene. vol. 22, p, 3ri.

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élevées pour inactiver l’antitoxine, mais insuffisantes pour enlever au poison son pouvoir jiathogène, observe que ces mélanges acquiérent des propriétés morbifiques apparentes. Ivlais ce sont surtout les recberches de Martinet Cherry (^) qui ont prouvé que l’antitoxine, loin de détruire la toxine, ne fait que contracter avec elle unecombinaison d’ordre chimique qui devient d’autant plus intime, que le temps de contact entre ces principes est plus long. Ces auteurs constatent, en premier lieu, que le venin de cobra, grâce au faible volume de ses molécules constitutives, passe facilement à travers un filtre de porcelaine imprégné de gélatine, cependant que l’antivenin, dont les molécules sont sensiblement plus volumineuses, ne traverse pas la paroi d’un tel filtre. En second lieu, ils remarquent que si l’on verse sur une bougie gélatinée un mélange toxique de venin et d'autivenin, la toxicité du liquide filtré diminue pendant les premiers moments, pour disparaître complètement quelques minutes plus tard. Ceci prouve qu’au commencement de l’ex[)érience, lorsque l’antitoxine ne s’est pas encore combinée avec la toxine, celle-ci traverse facilement le filtre de gélatine, tandis que, plus tard, quand cette combinaison s’est déjà effectuée, il est impossible de déceler cette toxine dans le liquide filtré.

(ij.MAirriN The nature oftheanlagon.belw.

toxins and antitoxine. Brit. med. journ., 1898, p. 1120.

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